Archive pour avril 2009

Des poubelles qui parlent…

Jeudi 30 avril 2009

Des poubelles qui parlent… dans voyage rubbish-garbage-street_~sb10066249h-001

Au moins si les gens dans la rue ne s’excusent pas souvent après vous avoir marché sur les pieds, les poubelles, elles, vous remercient de les nourrir de détritus, c’est un monde ! Ces poubelles ont déjà été testées l’automne dernier et font leur grand retour dans la capitale à l’approche de la fête de Vappu (1er Mai).  Un peu d’extravagance pour préserver l’environnement ne peut pas faire de mal. De 4 elles sont passées à 8,  on les jalouserait presque car elles savent parler désormais le suédois, le japonais, l’anglais, l’allemand, le polonais et le russe !… et non personne n’est caché dans ces poubelles, les touristes vont se régaler ! Elles sont un attrait particulier et original de la ville cet été, on peut les trouver entre autres sur l’Esplanade, la place du Sénat, près du monument Sibelius et de l’église Temppeliaukio. 

Apparemment ces poubelles parlantes, d’apparence ordinaire, ont déjà obtenu beaucoup de succès dans d’autres villes européennes comme Berlin. Amusant certes, elles sont munies d’un détecteur qui active un haut-parleur lorsque des déchets y sont déposés. Ce détecteur fonctionne à l’énergie solaire ce qui veut dire que les riverains n’ont pas à craindre leur nuisance la nuit, elles resteront muettes ! 

L’automne dernier on pouvait entendre des messages provenant de personnalités comme par exemple, « C’est génial que la ville te tienne à cœur » par le maire d’Helsinki Jussi Pajunen mais aussi provenant d’artistes et de philosophes. Cet été les messages de notre voix Finlandaise proviennent du présentateur télé et humoriste Simo Frangén. Voilà un procédé qui devrait selon le maire de la ville motiver les citoyens et les touristes à jeter leurs détritus dans les poubelles et pas dans la rue ni là où il ne faut pas et encourager les initiatives écolos. 

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Les bouteilles en verre et en plastique ainsi que les boites métalliques en Finlande sont consignées, ce qui incite en principe, les citoyens à recycler. Si on pouvait en faire de même avec les déchets il y aurait nettement moins de détritus dans la rue ou cachés dans le fin fond des forêts. Les enfants prendraient plaisir à sortir les poubelles, à trier car la simple motivation d’une planète plus propre, d’un air moins pollué dont ils ne profiteront peut-être pas dans 70 ans n’incite guère les jeunes d’aujourd’hui et même les plus vieux à parcourir un kilomètre pour y jeter leurs déchets même s’ils sont nocifs. 

Bientôt quand je dirais que je vis en Finlande on ne s’exclamera plus « au pays du père-Noël ? » mais « …dans le pays où les poubelles parlent? » C’est pas formidable ? Alors oui ca surprend et ca fait sourire la première fois mais on peut se demander si l’argent du contribuable ne serait pas mieux investie dans les services de santé par exemple, où l’attente pour une opération chirurgicale dans le public est parfois de plus d’un an…et tous ces sans abris qui squattent les bancs publics pour y compter les moutons et s’enivrer. 

http://www.hs.fi/kaupunki/artikkeli/Puhuva+roskis+kiittelee+ja+heitt%C3%A4%C3%A4+herjaa/1135238835407 

Vappu est la plus grande fête alcoolisée de l’année, les gens se réunissent pour pique-niquer dans les parcs de la ville par conséquent elle devient vite sans dessus-dessous. Un chaos de vomi, de canettes de bière, de papiers d’emballages, de serpentins et ballons éclatés et j’en passe. Sous l’emprise de l’alcool certains s’urinent dessus et en oublie où ils habitent alors inutile d’essayer de les civiliser à ce moment là à jeter leurs déchets dans la plus proche poubelle.  Par cette campagne écologique, la ville d’Helsinki souhaite rappeler que la collecte d’ordures dans les rues et les parcs de la capitale coûte chaque année 2 millions d’Euros. Avec cette somme d’argent il serait possible d’organiser 40 concerts, d’acheter 2000 city-vélos pour la ville, 1350 bancs publics…  http://www.puhuvaroskis.fi/ 

On raconte déjà que les poubelles musicales ne tarderaient pas à faire leur arrivée…malheureusement, je n’ai pas trouvé d’étude qui prouverait leur efficacité depuis qu’elles sont installées ni aucun indice sur le prix que ce projet a coûté (surtout qu’il y a le risque qu’elles soient vandalisées !).  En lisant un forum d’Helsinki Sanomat, j’ai pu aussi m’apercevoir qu’un certain nombre de personnes se consternaient des amas d’ordures jetées ici et là aux environs de la ville. Doit-on blâmer un trop peu de poubelles ou est-ce une question de mentalité des gens? Parce que les poubelles n’embellissaient pas le décor et qu’elles sont onéreuses on les a retiré petit à petit du paysage sans leur trouver de remplaçantes, sans se soucier des tristes conséquences. 

Trop petites pour contenir les déchets de la population elles en refoulent souvent la moitié et je m’étonne encore que la Finlande, connue pour son high-tech et son esprit de créativité, n’ait pas su mieux faire que des poubelles à l’aspect tristounet qui parlent pour résoudre ce problème environnemental. Pourquoi ne pas creuser la roche ou le bois et faire des poubelles statues, agréables à regarder, qui se fondraient dans l’architecture de la ville, où les oiseaux ne pourraient pas y venir mettre le chaos, ou il ne viendrait à l’idée à personne d’y coller des publicités ou d’y tagger des mots insignifiants. Les politiciens ne peuvent-ils pas se pencher davantage sur le problème ? Poubelles parlantes, attraction à touristes ou LA solution aux problèmes de pollution ????? 

« ah si j’étais un homme » chantait Diane Tell…

Jeudi 9 avril 2009

« ah si j’étais un homme » chantait Diane Tell… dans voyage k0476882

Dans l’intimité du couple, il nous appelle kulta, mussukka, hani, muru, pupu, rakas, kultapuppeli ou encore murmeli (=chérie, muffin, ma chatte, miette, lapin, amour, marmotte) c’est tout mignon et pourtant au quotidien il se révèle être aussi romantique qu’un Homer Simpson à court de Duff lors d’une grève de donuts.  Voilà seulement il faut que vous le sachiez, en présence de sa bande de potes, nous ne sommes plus que des « muija, eukko ou emäntä (= bonnes femmes, la vieille, maîtresse de maison ») qu’on embrasse discrètement à l’abri des regards et dont on ne tient la main que dans les ruelles sombres… ils veulent bien nous montrer qu’ils nous aime, mais il ne faut pas leur demander d’être romantiques… http://www.iltalehti.fi/rakkausjaseksi/200902179100648_lz.shtml 

Mais que leur a dit la société pour qu’assouvir les désirs de sa moitié ne semble plus être aussi primordial, pour que combler sa partenaire d’attentions semble désormais superflu, ringard et inapproprié? Qui leur a appris à préférez le cambouis d’un moteur de voiture à un après-midi shopping, un demi litre de bière à un verre de vin devant un feu de cheminée, un steack saignant aux feuilles de salade ? Pourquoi une seule sortie publique en chemise rose et un seul repas sans une tache de ketchup risquent de lui coûter sa réputation ? Qu’on m’explique ce qu’il y a de si masculin et rassurant à préférer un kebab sur un banc à un pique nique dans l’herbe. 

Les femmes je vous l’accorde, ne sont pas livrées avec un manuel d’utilisation ce qui, soit dit en passant, ne faciliterait la tâche à aucun homme, puisqu’ils sont bien connus pour ne les ouvrir que lorsqu’il est trop tard…pendant des décennies les Finlandais ont été bien plus préoccupés à survivre et à tenter de s’alimenter en puisant dans les ressources de la nature que par se soucier du bien-être et de l’épanouissement de leur femme. D’accord l’homme Finlandais chassait, se battait, fabriquait des outils et des armes (buvait un chti coup entre les 2), il était chargé de la protection des troupes et risquait souvent sa vie, pendant que leur bonnes femmes allaient cueillir des baies ou des champignons, effectivement le risque de se faire agresser par une morille géante était légèrement plus faible ! 

L’histoire ayant épuisé les forces de ces pauvres bougres, il ne restait plus guère d’énergie pour manifester des marques d’attention et entretenir une relation romantique. De par ce passé tumultueux et plutôt rude, les Finlandais savent qu’ils ne sont pas prédisposés à être romantiques ce qui leur constitue une excuse facile, ils croient ne pas pouvoir le devenir et réussissent parfois même à s’en convaincre. 

S’il pouvait s’abstenir de s’exclamer que ce n’est pas Noël à la vue d’une bougie sur la table, on serait comblée… on s’est pourtant excusé d’avoir amené chéri contre son gré à la séance de Titanic mais il a bien décidé de nous le faire payer à vie ! Le romantisme pour nous malheureusement ne se résume pas à faire les fous chez K-Rauta (= équivalent de nos magasins Castorama, Leroy-Merlin…), même si on est bien conscientes que vous ne cherchiez qu’une activité géniale à partager avec nous. 

Je ne suis pas dupe, si rakas n’a pas démontré d’enthousiasme à l’idée d’apprendre ma langue maternelle, c’est en partie parce qu’on la nomme la langue de l’amour…comme si c’était un virus qu’il pouvait attraper qui risquerait de le rendre romantique…il y a donc pratiquement renoncé pour se protéger d’un éventuel envoûtement je suppose. L’apprentissage du Français risquerait de lui faire découvrir des facettes de lui-même qu’il n’a jusque là pas décelé…en même temps ça lui permets de prendre de la distance en période de nuages « moi ? je comprends pas ! ». C’est quand même dommage que les couples disent adieu au romantisme déjà 2 ans, 2 mois et 25 jours après le mariage…et que 83% de ces couples ne célèbrent plus leur union après 3 ans de mariage (source Daily Mail) 

Les Finlandais savent être galants, les hommes que je cotoie dans mon travail ne mettront pas un pied dans l’ascenseur avant que je ne m’y soit engagée, les portent à mon passage s’ouvrent comme par magie et pourtant… après plus de 10 ans de vie commune, je ne compte plus les portes que je dois freiner avec mon pied pour ne pas qu’elle m’écrasent le nez et je me sens parfois aussi attirante que les dents de Joey Starr, ma moitié ne s’embête plus autant avec ces règles de comportement, ingrédient pourtant essentiel du romantisme. 

Je suis sure que le romantisme n’est pas mort, il a juste du oublié son GPS et s’est égaré quelque part entre la France et la Finlande ;o) encore un peu de patience, selon l’article les hommes deviendraient romantiques à l’âge magique de 53 ans…le temps pour eux d’apprendre comment les femmes fonctionnent !