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Archive pour octobre 2008

Overdose de téléréalité

Dimanche 19 octobre 2008

Overdose de téléréalité dans voyage couple-watching-television_~bn292016
Il y a quelques années encore, savoir Mac Gyver en difficulté nous faisait trembler de peur, les gouttes de sueur nous coulaient sur le front jusqu’à ce qu’avec un chewing-gum, il parvienne à désintégrer une bombe dissimulée dans un placard et sauver des tas de vies. Pendant que la bombe faisait tic-tac il eu tout de même le temps de nous expliquer pourquoi son arrière grand-mère muette portait un foulard rouge quand elle allait faire ses courses et comment elle s’est, un jour qu’elle avait les 2 jambes cassées, sortie d’un ascenseur en feu tombé du 4 ème étage…

Ce type de suspens est « has-been », désormais on aime l’exhibitionnisme, la folie, l’extrême, le voyeurisme voire le sadisme. On s’installe des heures devant sa télé pour y dévorer chaque minute des beuveries, de la nudité et des querelles stupides des « protagonistes » de Big Brother.
On se délecte de critiquer les performances des candidats d’Idols ou Popstars lors de leur casting, qui parfois feraient mieux de se contenter de chanter sous leur douche au lieu de venir se ridiculiser devant tout une nation (j’admire leur courage !). On prend en pitié ces filles anorexiques de Mallikoulu (Model School, Huippumalli Haussa)
apprenant le catwalk qui se font éliminer pour peser une rotule de trop…rafraichissez-donc moi la mémoire, qu’y’avait-il dans notre programme télé avant que toutes ces real-TV ne fassent surface ?

Qu’est-ce qui nous pousse à regarder des personnes obèses de Suurin Pudottaja (Biggest looser) tenter désespérément de perdre du poids, est-ce les voir souffrir en l’absence de leur pizza quotidienne et de leur coca comme source de réconfort ? Est-ce que ca nous rassure de savourer les différentes phases de dépression et de perte de confiance en soi, par lesquelles les candidats passent ? De voir que d’autres vont mal et qu’on se fait du souci pour un malheureux bourrelet qui nous empêche de porter notre jupe préférée On regarde des candidats dévorer des testicules de taureau à pleine dents et se jeter dans l’eau froide à 10 mètres de profondeur avec une camisole de force pour y ramener une clé à Pelkokerroin (Fear Factor). Il semble qu’on aime regarder les gens mettre leur vie en péril et faire tout un tas de choses humiliantes et dégoutantes. Est-ce pour déterminer ses propres limites, est-ce par amour de l’argent, par esprit de compétition ou tout simplement pour ajouter un peu de piment à son quotidien ?

Envisage-t-on vraiment de changer de conjoint et de famille l’espace de 2 semaines pour voir si l’herbe est plus verte ailleurs dans Vaimot vaihtoon (Wife Swap) Certains souhaitent se disputer une même fille dans Sinkuäidille sulhanen. Certains inconscients s’en vont risquer la solidité de leur couple à Viettelysten saari (Temptation Island) au milieu de paires de seins siliconées et d’adonis bronzés. Certains rêvent d’un changement physique radical à Hurja muodonmuutos (Extreme makeover) qu’ils ne pourraient jamais se permettre financièrement ou d’un simple relookage à Sillä Silmällä (Queer Eye). D’autres souhaitent partir à l’aventure dans Suuri Seikkailu (Amazing Race), jouent leur vie professionnelle dans Diili (The Apprentice), tentent de survivre dans des conditions difficiles dans Selviytyjät (Survivors), apprennent à cuisiner dans Kauhukeittiö (Hell’s kitchen), relookent leur appartement dans Inno…

Pourquoi avoir soudainement le besoin de suivre la vie d’individus ordinaires qu’on ne connait pas, la nôtre ne nous satisfait-elle pas ? Est-elle trop vide, trop plate, trop banale ? A-t-on nous aussi, secrètement une soif de notoriété et de reconnaissance, tout comme ces candidats se livrant volontairement en spectacle, auxquels on se substituerait. Il semble que nous contribuons un peu tous aux scores phénoménaux d’audimat mais POURQUOI ? La téléréalité nous détend-elle, nous change-t-elle les idées, nous fait-elle rire, nous fait-elle prendre conscience de certaines choses ?… Les coûts de production de la téléréalité sont extrêmement faibles, pas de scénario, pas d’acteurs rémunérés et une mise en scène minimaliste…ni plus ni moins que mater ce qui se passe chez vos voisins avec des jumelles alors quel en est l’intérêt? Pendant qu’on regarde les candidats de Big Brother boire jusqu’au coma éthylique, d’autres s’en mettent plein les poches…

La téléréalité n’a aucune valeur culturelle, elle ne nous apprend rien sauf peut-être à devenir apathique et asocial à cause du temps qu’elle nous fait perdre.
Les producteurs de téléréalités en tous cas se frottent les mains de son succès et savent ce qu’ils font, l’équipe de « Hurja remontti » (Extreme Makeover Home Edition) viendra reconstruire votre maison avec le budget de tout un lotissement si vous avez tout perdu dans un ouragan après avoir été cambriolé 3 fois, et à condition qu’il y ai dans votre famille un handicapé, une personne au chômage, une droguée ou un décès récent qui bouleverse bien pour donner la larme à l’œil au public qui soupirera « que c’est bien mérité ».

Le printemps 2009 est déjà prometteur, la chaine de télévision Yle recherchait en janvier dernier déjà 6 personnes en phase terminale qui n’avaient plus qu’un mois à vivre pour son prochain « documentaire » téléréalité. L’idée provient des Pays-Bas et va surement susciter des réactions diverses du public, car même si la mort est un sujet qu’on devrait pouvoir aborder sans tabou, l’engouement n’est pas le même. La Finlande est gourmande de téléréalité jusqu’à l’intoxication…

9 tasses par jour

Mardi 7 octobre 2008

9 tasses par jour dans voyage businesspeople-coffee-break_~bxp34396

Elles sont toujours attendues avec impatience mais font perdre des milliards d’Euros chaque année aux entreprises et personne ne s’en plaint. Se résoudre à vivre sans, en Finlande de surcroît, serait sans aucun doute le pire cauchemar de la population. Aussi Finlandaise que le sisu et le salmiakki, la pause café fait partie de la culture, elle est véritablement sacrée : 2 fois par jour, vers 9h et 14h en général, dans les bureaux, les chantiers, les usines on s’arrête de travailler pour se jeter dans les bras de ce breuvage magique dont l’arôme titille nos narines et nargue nos sens.

Quitter ses activités pour se consacrer à cette « drogue » ne choque personne, au contraire celle ou celui qui n’en boit pas peut se sentir quelque peu isolé(e) car la pause qui lui est destinée est un véritable phénomène social. Le café est le petit rayon de soleil qui égaie nos matins sombres et réchauffe nos gorges froides, la promesse d’une journée meilleure. Il représente le petit moment de détente, le remède à cette pénible mâchoire qui n’en fini plus de bailler, il est l’allumette virtuelle qui garde nos paupières ouvertes, sa simple présence dans nos veines nous aide à relativiser les problèmes auxquels il faut faire face au travail comme à la maison. Il nous délivre de toute cette fatigue accumulée et constitue le parfait prétexte pour mieux connaître les gens avec qui on travaille.
Les Finlandais en sont tellement friands qu’ils en consomment env.11,4 kg par an par personne soit env.9 tasses par jour par adulte, pour seulement 5,4 kg en France !

La pause café est impérative, c’est un moment convivial où l’on se réuni autour d’une tablée de collègues, on y lit des magazines, des journaux, le sport, la politique et les informations y sont en général des sujets de prédilection. Heureusement, on y parle aussi des activités extra professionnelles, des enfants, des animaux domestiques, des relations, des programmes TV et des films. Chez nous on parle aussi voitures, technologies, ebay, blagues, sorties, conneries d’enfance, des projets de weekend, de vacances, de ses voyages et expériences…

Autour de la table il n’y a pas de hiérarchie et l’objectif n’est pas d’y parler travail ou d’être productif. On contribue à la bonne atmosphère du service en essayant de mieux connaître ses collègues, de mieux cerner les gens avec qui on doit travailler. La recette d’une pause café réussie consiste d’abord à se rendre à l’extérieur du bureau ou du lieu habituel de travail pour se dégourdir les jambes et changer d’environnement, s’asseoir en bonne compagnie, se détendre en faisant de l’humour, oublier les soucis un moment et commenter les évènements récents. A chaque fête, anniversaire, achat de voiture ou immobilier, départ en vacances, voyage à l’étranger il est de coutume d’apporter brioche ou gâteaux pour tout le service, tous les prétextes sont bons pour se goinfrer à l’œil et on ne manquera pas de nous le rappeler la veille !
Le café est présent à absolument toutes les occasions : négociations, visite d’amis, réunions, anniversaires, obsèques, naissances, mariages,…on n’envisage pas la vie en Finlande sans lui, surtout l’hiver lorsque les journées sont courtes. Selon une expression Finlandaise, il est plus facile d’arrêter un terroriste que la soif de caféine d’un Finlandais! « Terroristin voi pysäyttää, kahvinhimoista suomailaista ei milloinkaan ».

En tant qu’étrangère, la pause café est le lieu idéal pour apprendre de nouvelles expressions, connaître davantage la culture, les évènements, les célébrités nationales, les potins de la boîte,…il y a des collègues avec qui on s’entend bien tout de suite, avec lesquels on peut rire de tout et n’importe quoi sans avoir peur d’offenser l’autre parce qu’on est sur la même longueur d’onde. Des collègues qui rendent le lieu de travail plus motivant, plus décontracté, plus appréciable.

Même si la journée est merdique, qu’on renverse son café sur ses dossiers importants, que le logiciel ne fonctionne pas et que rien ne va comme on l’aurait voulu…on sait qu’à la pause café on n’est jamais à l’abri d’un bon fou rire qui nous fera vite oublier les désagréments du travail…