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Le système éducatif Finlandais est-il exportable?

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C’est une question que se posent, dans le monde, bon nombre d’enseignants, de parents, d’étudiants suite aux étonnantes performances du système éducatif. Serait-il possible de l’exporter en France par exemple ? 

L’autodiscipline :  L’enfant bénéficie ici d’un traitement particulier, il connait des privilèges et grandi avec une liberté de mouvements dans cet « oasis sécurisé » qui n’existent pas forcément ailleurs où circuler seul peut s’avérer être dangereux. L’enfant se rend seul à l’école, en vélo, à pieds, en bus, il reste jusque des heures tardives avec ses amis, les parents n’ont pas les mêmes craintes et puis même les enfants de 6 ans possèdent ici un téléphone portable donc il est possible de les « traquer » à tout moment. L’autodiscipline augmente le sens de l’initiative ainsi que la réussite scolaire et il n’est pas nécessaire d’avoir recours aux punitions ou à l’autoritarisme pour qu’un enfant comprenne ce qui est bon pour lui ou non. Il est possible que l’autodiscipline des élèves (liberté de mouvements, de choix de cursus, de ne pas vandaliser le matériel ou les locaux à leur disposition) soit le résultat de facteurs extra-éducatifs basés sur la mentalité des Finlandais : par ex. la peur de mal agir, l’honnêteté, la confiance en autrui, le mode de vie des familles  (la Finlande possède le 3 eme taux de divorce le plus élevé au sein de l’Europe), le climat qui fait que les élèves trainent peu dans les rues et se doivent de respecter les espaces mis à leur disposition. L’autodiscipline est favorisée ici par un environnement paisible, serein mais il est probable qu’elle n’est pas été volontairement intégrée dans le système scolaire Finlandais mais qu’elle se soit tout simplement installée par la force des choses. 

L’enfant est souvent livré à lui-même, les horaires de travail des parents correspondent rarement aux horaires d’école des enfants par conséquent l’enfant en Finlande est un peu obligé de s’auto-discipliner voire s’auto-éduquer. Les parents d’élèves attendent beaucoup de l’enseignement des professeurs et négligent peut-être trop volontiers l’enseignement des valeurs fondamentales. Simple constatation : Les parents ici font preuve d’une grande tolérance avant de rappeler à l’ordre ou même de punir/réprimander leurs enfants. Un jeune grandi souvent en pensant que tout lui est accessible, disponible et permis et ignore parfois qu’il existe des barrières, des limites, des couvre-feux, des interdits. 

Les enfants par ex. ici ne demandent pas nécessairement la permission pour aller jouer, pour sortir de table, pour interrompre une conversation, rares sont ceux qui rangent eux-mêmes leurs affaires ou encore qui participent aux tâches ménagères. Les règles de disciplines sont extrêmement souples et on ne croit pas vraiment à l’utilité des punitions/réprimandes. Voilà des valeurs/principes qui semblent encore tenir à cœur à une grande majorité de parents et enseignants Français (par ex. 79 % des Français sont favorables à l’obligation de se lever quand le professeur entre en classe selon un article publié récemment dans le Figaro : http://www.lefigaro.fr/france/20071009.FIG000000265_ecole_les_francais_exigent_de_l_autorite.html  

Le cursus sur-mesure:  On offre à l’élève la chance d’aller jusqu’au bout de son objectif en développant lui-même son cursus scolaire en fonction de ses intérêts, de ses capacités, de ses projets de poursuite d’études. Pas d’excuse d’échec puisque les établissements collaborent et il est possible de compléter son cursus ailleurs que dans l’établissement où l’on est inscrit, les cours seront bien sur reconnus.  Les cours proposés répondent véritablement aux besoins des élèves, ainsi un élève qui ne s’intéresserait pas à une matière particulière n’est pas forcé par le système de suivre un cours qui ne lui plait pas et pire ne lui serait d’aucun intérêt dans la poursuite de ses études. Se trouver dans un cours où les élèves ont eux même choisi de participer contribue probablement à la motivation générale de la classe, à la participation et donne un sentiment d’autonomie, d’indépendance à l’élève qui se sent prendre en charge son avenir et devenir responsable. Par conséquent les élèves ne sont pas confrontés à la dure réalité de l’échec comme on peut l’être en France, ils ne perdent pas de temps à tourner en rond, s’essayer un peu à toutes les écoles qui seraient susceptibles d’accepter une candidature en attendant désespérément de trouver « la bonne voie ». Alors que j’étais assistante de Français, des profs m’ont même souvent répété : si les élèves ne sont pas très réceptifs et qu’ils semblent être ailleurs c’est parce qu’ils ont eu une dure journée alors il faut être compréhensive et ne pas essayer de leur bourrer le crâne d’information superficielle et de vocabulaire nouveau. Il y a donc un réel souci pour le bien-être de l’individu d’épargner des charges de travail, de la fatigue inutile et respecter le rythme biologique de l’enfant. 

La hiérarchie : Globalement même si chacun a un titre au sein de l’éducation, la hiérarchie est pratiquement inexistante, l’environnement est plus décontracté. Les élèves appellent prof, instituteur ou tuteur par leur prénom sans y voir un manque de respect. Les règles de discipline sont beaucoup plus souples qu’en France. Un téléphone qui sonne, un élève qui murmure, n’est pas considéré ici comme une marque de non-respect, comme de l’impolitesse, les Finlandais sont certes beaucoup plus indulgents de ce coté là. L’une des priorités du professeur est de mettre l’élève en confiance, d’être en quelque sorte son ami, ouvrir à la communication, aux échanges et être disponible pour répondre aux besoins des élèves en difficultés. 

Il existe effectivement une grande familiarité entre élèves et professeurs qui serait en France inimaginable si l’on considère l’importance des tournures de politesse dans la correspondance ou l’importance qu’on accorde nous français, aux formules de vouvoiement et à la hiérarchie tout simplement. Chacun doit savoir rester à sa place et ne pas envahir l’espace de l’autre. Vouloir se mélanger aux élèves, leur montrer une grande disponibilité, un réel soutien, de la compassion,  c’est humain mais l’autorité, le charisme et surtout le véritable rôle de l’enseignant sont selon moi très souvent remis en question. 

La responsabilité, la disponibilité et le rôle des professeurs devrait pouvoir se limiter au contexte éducatif de l’établissement, il est impossible d’imaginer que 25 élèves se mettent à contacter le prof par tel, email ou en personne pour une question mathématique… où donc se limite l’exercice de sa fonction, à quel moment intervient-on dans sa vie privée ? 

L’évaluation :  Etre bercé par un système éducatif qui privilégie les appréciations positives et minimise les critiques négatives pourtant constructives ne favorise pas forcément l’estime de soi ni la confiance en soi. Chacun est traité de la même manière, on ne connait pas ses propres valeurs qu’on peut facilement sur-ou sous-estimer, on ne se sent pas menacé par les performances des autres élèves parce qu’on nous dit qu’elles sont toutes aussi bonnes que les nôtres. A force d’être porté sur un piédestal, les premières critiques, les premiers jugements adressés dans un contexte extra-éducatif (au travail par ex.) peuvent être un vrai choc, un dur retour à la réalité, une vraie remise en question de soi et surtout une prise de conscience de ne pas forcément être le génie qu’on a voulu nous faire croire. 

Les profs encouragent, supportent, motivent, mais l’esprit de compétition est pratiquement fictif, le concept du mérite est quasi-inexistant et l’esprit de débrouillardise pas très développé. En étant confronté à l’échec, au stress, à la concurrence, aux abandons en cours de scolarité, aux critiques on apprend à mieux connaitre ses limites, à mieux s’auto-évaluer, à mieux gérer les situations délicates, à améliorer ses performances et par conséquent, gagner de la confiance en soi et en perdre aussi certes. 

Le redoublement est perçu comme stigmatisant, contre-productif, au lieu de punir l’élève pour ne pas avoir fourni assez d’efforts au cours de l’année, on lui offre la chance d’améliorer ses résultats avec du personnel qualifié sans rien fournir en échange. Est-ce que l’élève prend conscience de ses erreurs ? Est-ce vraiment assister l’élève et lui rendre service ? L’absence d’une évaluation rigoureuse de critiques constructives, de concurrence peut engendrer une faible estime de soi chez les finlandais. 

Les moyens : Tous les moyens nécessaires, y compris des espaces bien aménagés et confortables, sont mis à disposition pour que l’élève réussisse et se sente bien. Même si l’éducation ici est valorisée on n’impose pas aux élèves des emplois du temps surchargés, des cartables qui pèsent, des dépenses excessives de livres et de fournitures scolaires à la rentrée. Les livres sont prêtés par les établissements, les élèves possèdent des casiers pour y laisser leurs affaires, le transport scolaire et les repas de midi sont gratuits. Les horaires sont souples, la journée démarre à 8 ou 9 heures et se termine vers 13-14 heures ce qui laisse une grande liberté aux élèves pour les devoirs (il y a très peu de devoirs à la maison), les moments en famille ou des activités extrascolaires. Comparé au programme Français, le programme ici est très allégé. Le directeur et les professeurs ont la grande liberté de décider eux-mêmes des achats nécessaires, des activités des élèves, des travaux à entreprendre. Ils organisent aussi les contenus des programmes dans les différentes matières. Le contenu des cours incite à exprimer ses idées, à débattre et argumenter car c’est une liberté que les Finlandais utilisent rarement dans le contexte extra-éducatif.  

En Finlande on juge le système scolaire Français bien trop individualiste, trop « système D », trop concentré sur le principe qu’on n’est jamais mieux servi que par soi même. Le système en Finlande privilégie la pratique ce qui permet à l’élève de se sentir directement concerné, d’être actif dans des simulations de situations concrètes stimulantes et de ne pas l’ennuyer avec tout un tas de principes théoriques. 

N’oublions pas ce taux d’immigration parmi le plus faible d’Europe qui contribue à cette homogénéité d’idéologies, qui fait aussi que les élèves ont tendance à voir les choses de la même façon et à se comporter identiquement, à avoir les mêmes aspirations professionnelles, attendre les mêmes choses de la vie, avoir une même conception du bonheur. Les différences culturelles et les sentiments d’injustices sont encore quasi-inexistants et minimisent encore selon moi la violence et les actes criminels.  Jusque là les nationalités des élèves dans les classes sont très homogènes et proviennent essentiellement des pays voisins, comment la Finlande va-t-elle s’en sortir lorsque les classes seront plus cosmopolites ? Va-t-elle être capable de gérer et de répondre aux besoins de chaque élève en respectant les idéologies des parents sans provoquer de mécontentements ? 

On peut certainement apprendre beaucoup de ce type de modèle mais essayer de le reproduire ailleurs, tout du moins en France, serait probablement voué à l’échec. Qu’en pensez-vous ? Aussi idéal que le système éducatif Finlandais puisse paraître, il connait aussi de plus en plus de violences, de koulukiusaus (= taquineries et racket à l’école de plus en plus prématurés), de malaises, de drogue, de vols, de dégradations, de cas d’isolement. Va-t-il pouvoir rester performant malgré tout ? 

29 Réponses à “Le système éducatif Finlandais est-il exportable?”

  1. Zorglub dit :

    Bonjour,

    Si on examine les résultats du test PISA, la Finlande se place à un très bon rang et pratiquement première dans toute les rubriques.

    C’est un bon résultat d’autant plus qu’il est accompagné d’une faible dispersion des résultats.

    Voir :

    http://www.enseignement.be/@librairie/documents/EVAL/INTER/PISA2003/PISA2003_synthese2.pdf

    D’un autre côté comme la population est extrêmement homogène et avec une culture commune, cela aide beaucoup.

    La nécessité de sélection, de discipline voire de difficulté d’apprendre ne viendrait-elle pas d’une culture catholique qui sublime la souffrance ?

    Je suis d’accord avec la remarque relative au cosmopolitisme des classes mais je dois dire que c’est un grand avantage de la Finlande de ne pas l’être.

    Je regarde la situation en Belgique et je constate qu’une société multiculturelle comme la partie francophone de mon pays se trouve en grande difficulté.

    Comment ne pas l’être quand 80 % d’une classe ne parle pas le français même si les élèves sont nés en Belgique mais avec une mère illettrée ?

    Ce n’est pas un cas particulier car à Bruxelles plus de 50 % des habitants sont d’origine immigrée.

    Les résultats de la partie francophone de la Belgique sont mauvais, au contraire de la partie néerlandophone dont les performances sont identiques à celles de la Finlande.

    Cela est dû à une plus grande homogénéité et à une politique moins progressiste de l’éducation.

    Beaucoup d’élèves sortent quasiment illettrés à 18 ans…

    Je suis d’accord avec votre conclusion que le modèle finlandais est peu exportable sauf dans des pays ayant des valeurs similaires.

    Je pense que l’on ne peut pas prendre un petit bout du système finlandais et l’implanter autre part car cela fait partie d’un système entier comprenant une culture, des valeurs, une histoire…

    Je me demande comment se passe la transition vers un emploi ?

    Y a-t-il un apprentissage, des stages en entreprises afin de faire la transition entre l’école et la vie professionnelle ?

    Juste un dernier point.

    Lors d’une visite d’usine, j’ai remarqué que les travailleurs finlandais n’avaient pas l’air d’être stressé ou d’avoir une grande productivité.

    J’en ai parlé à des connaissances ayant aussi visité d’autres usines et ils ont eu la même impression.

    Ils m’on même dit que s’ils étaient leur propres ouvriers, ils les viraient illico.

    Est-ce vrai ou est ce un simple sentiment ?

    Merci pour votre blog qui est très intéressant.

  2. Charlotte dit :

    Je voulais faire un article sur l’école en Finlande mais a priori je n’aurais pas grand-chose de plus instructif à rajouter! Je vais juste faire un lien vers ici ^^

    En tout cas, je suis d’accord avec le commentaire précédent, le modèle, si « parfait » soit-il, n’est pas du tout exportable en France (ou ailleurs) même si forcément, ça laisse rêveur (surtout quand on a pu comparer les mêmes classes d’âge comme j’en ai eu l’occasion).

    Par contre, suis-je dans une école bien lotie, ou est-ce parce que c’est une école primaire, mais je les ai trouvé plutôt débrouillards et assez prêts à rendre service et à aider (les plus grands un peu moins c’est vrai, mais les « petits » sont presque tous adorables).

    Et étant un « pur produit » du système français, avec mentalité élitiste (dont j’ai eu du mal à me défaire), et confiance en moi anéantie par des années à me faire traiter d’imbécile et de future chômeuse par une bonne majorité de profs… Je ne crois pas que le fait de briser des élèves soit bon pour eux, on ne peut vraiment pas mettre ça dans les « bons côtés » du système français. Le système finlandais ne met pas beaucoup l’accent sur la critique, c’est vrai, mais il y a un juste milieu entre encenser l’élève et le réduire en miettes à coup de menaces réelles ou fantaisistes (redoublement/ filière technique ou pro (!)/ futur chômeur) ou en le comparant sans cesse à meilleur que lui (s’il n’en a tout simplement pas les capacités, que fera t-il?).

    Enfin voilà. Ce qu’il faudrait déjà en France c’est mettre un peu plus de moyens dans l’école (ou mieux utiliser ceux qu’il y a déjà?), ça tournerait peut-être mieux…

  3. Jean dit :

    Ton article est très intéressant et bien construit, bravo!
    Mais comment ne pas évoquer les évènements récents? Ne doit-on pas se demander s’ils ne sont pas un corolaire inattendu de cette apparente excellence?
    La Finlande était à la première place au test PISA, et la seconde place est revenue à la Corée du Sud. Il faut s’interroger: ces deux pays ont généré tous les deux des élèves fous auteurs de tueries.
    Alors ne regardons pas le système éducatif finlandais avec envie, ses résultats doivent maintenant être vus à travers le filtre de Tuusala.

  4. Sanna dit :

    Merci de cet apercu sur notre système scolaire. Il me semble pourtant que vous faites beaucoup de généralisations…

    A titre d’exemple, la grande tolérance des parents envers les enfants qui se comportent pas bien n’est absolument pas la règle! Par exemple dans ma famille, il était hors de question de ne pas demander la permission pour aller jouer, pour sortir de table, pour interrompre une conversation etc. Et la participation aux tâches ménagères allait de soi. Cela était il y a presque 20 ans mais je peux dire que dans mon entourage tout le monde est comme cela!

    [Je n'ai vu nulle part des enfant aussi gâtés et sans manières que dans une famille francaise.. ce qui ne me mène pas à déduire que les francais soient tous comme cela. A propos, avez-vous lu l'article de NouvelObs sur l'illettrisme des enfants francais? On y mentionnait en particulier que les petits francais ne connaissent plus le vocabulaire le plus usuel au quotidien, par exemple les mots "salade" ou "évier" leur étant inconnus... on peut se demander ce que cela peut révéler de leur participation aux tâches ménagères à la maison.]

    Mon mari travaille dans une école maternelle (ala-aste) et confirme mon impression que rares sont les enfant de moins de dix ans qui possèdent un téléphone portable! La situation est-elle tellement différent à Helsinki? Je ne le crois pas. En plus, bien que les enfants qui vont à l’école maternelle (je parle de ala-aste, des enfants de 7-11 ans) terminent tôt leur journée d’école, ils ne passent pas tout l’après-midi seuls, ou pas tous en tout cas: les écoles organisent des activités pour les après-midi et il y a beaucoup d’enfants qui vont dans une crèche après l’école.

    Vous décrivez notre système éducatif comme « un système qui privilégie les appréciations positives et minimise les critiques négatives pourtant constructives ». Excusez-moi, mais je ne retrouve pas dans votre description ce que je vois au quotidien dans les écoles.

    L’échec existe chez nous, tous les élèves ne réussissent pas à l’école! Il est vrai qu’ici on ne redouble pas facilement toute l’année scolaire, mais c’est parce que, après un échec, on construit un cursus individuel pour l’élève, de sorte qu’il sera possible pour lui de continuer au même niveau que les autres pour les matières qui ne posent pas problème. D’ailleurs, votre utilisation du mot « erreur » est intéressant: pensez-vous que l’échec scolaire, ou redoublement, soit le résultat des _erreurs_ de l’élève? Chez un enfant? Je pense plutôt qu’il s’agit aussi bien de l’échec du système, de soutien et d’enseignement que des problèmes personnels (que je n’appellerais pas des « erreurs ») de l’élève. Mais c’est peut être parce que je suis finlandaise et trop souple et que je ne comprends pas que ce sera en punissant l’élève de ne pas avoir appris et en l’humiliant qu’il va commencer soudain à apprendre… :-)

    Je ne pense donc absolument pas que nos élèves soient portés sur un piédestal, ou que le concept du mérite soit inexistant et ou que l’esprit de débrouillardise ne soit pas développé dans nos écoles.

    Et finalement, j’aimerais savoir où en Finlande les élèves peuvent se construire un cursus personnel??? La réalité (hélas) est bien contraire, il existe un cursus national (opetussuunnitelman perusteet, cursus précis est très détaillé pour chaque matière) qui est obligatoire et contient de moins en moins de variation selon l’école. Ou peut-être parlez-vous de lycée (qui est un système entièrement différent)??

  5. Zorglub : effectivement les valeurs de la France et celle de la Finlande sont bien trop différentes pour envisager d’y installer un système éducatif similaire. Les valeurs morales ici sont tissées sur l’honnêteté, la loyauté, la confiance et j’irais même jusque dire une certaine naïveté. En France, l’Education nationale est forgée autour de valeurs telles que l’autorité, la hiérarchie, le mérite, le respect et la discipline. Et puis il y a d’autres facteurs à prendre en compte comme tu le mentionnes, l’histoire du pays, la religion, les mentalités, la culture. L’école facilite ici l’intégration professionnelle par le biais de stages, de cours sur la création d’entreprise, de coopération donc souvent la transition école-monde du travail se fait très naturellement. Encore faut-il que les entreprises soient susceptibles d’embaucher. En ce qui concerne ta question sur la productivité des Finlandais, ils sont plutôt performants dans certains domaines mais si l’on considère le milieu ouvrier par ex. on laisse très volontiers sa place aux étrangers pour les tâches à l’extérieur, les fonctions très physiques et à risques, ma position dans la boite où je bosse me permet de le constater très clairement.

    Charlotte : pourquoi ne pas faire un article sur ce même sujet avec ton propre point de vue. Cet article est en fait une sorte de réponse à un professeur Français qui m’a écrit pour en savoir davantage sur ce thème donc j’espère que les commentaires que les lecteurs laissent puissent l’éclairer un peu plus. Comme tu le dis je crois qu’il est très difficile pour nous Français de nous débarrasser de ce côté élitiste, d’ailleurs tes propos confirment exactement ce qui m’est arrivé en France aussi. J’ai été moi-même traumatisée par le sadisme de mon maître de conférences lorsque j’étudiais le Droit. Alors que celui-ci hurlait dans son micro les résultats des exams dans l’ordre chronologique de la plus mauvaise note à la meilleure, il fallait descendre les interminables marches de l’amphithéâtre bondé pour récupérer sa feuille, sous les regards narquois et les murmures des élèves. Il n’éprouvait aucune gêne, aucun remord à ajouter de petits commentaires moqueurs sur les performances de chaque élève.
    Le système éducatif Français peut donc être humiliant, déstabilisant et très compétitif c’est malheureux à dire mais ce sont des moments comme ca qui nous font devenir plus forts, qui créer une sorte de bouclier virtuel, qui nous sert à gérer les obstacles de la vie. Mais je suis d’accord que ce n’est pas le meilleur moyen, c’est clair !

    Jean : j’ai décidé ne plus mentionner les événements récents pour ne plus provoquer de débats interminables et les menaces complètement infondées des partisans du tueur sur mon blog. Mais il est clair que ce n’est pas quelque chose qu’on oublie facilement. Peut-être qu’effectivement, le monde va regarder le système éducatif Finlandais différemment et avec plus de recul.

    Sanna : oui j’ai lu cet article que tu mentionnes dans ton commentaire sur l’importance de l’illettrisme des enfants Français mais quand ces enfants Français sont issus de parents immigrés illettrés, qui parlent à peine voire nullement la langue du pays, ils connaissent forcément plus de difficultés qu’avec des parents éduqués donc il est facile de dire « oui mais vous Français… » quand la Finlande ne connait pas ces phénomènes pour avoir un taux d’immigration minuscule. Il y a quelques années encore le neveu Finlandais de mon compagnon (env.4 ans à l’époque) s’est écrié les yeux exorbités à la caisse du magasin qu’il y avait Michael Jordan, c’était la première fois de sa vie qu’il voyait une personne noire en vrai c’est la que je me suis vraiment aperçue qu’on grandit dans des environnements différents.
    Il est possible que je fasse beaucoup de généralisations tout simplement parce qu’écrire un cas par cas n’est pas très représentatif de ce qui s’y passe. Alors forcément oui il y a de bons élèves et de mauvais élèves partout, il y a des bons parents et de moins bons aussi, cela dit la grande tolérance des parents envers les enfants n’est pas uniquement une constatation personnelle mais elle provient également d’autres étrangers. A aucun moment je ne dis que c’est une règle ni un phénomène qui s’adresse à tous les Finlandais, c’est une tendance.
    Je dirais qu’ici il est plutôt rare de rencontrer un enfant de moins de 10 ans qui ne possède pas de téléphone portable, lorsque je travaillais dans une école déjà en 2000, une bonne moitié de ma classe en possédait un et le phénomène portable est de plus en plus prématuré. L’échec scolaire est la conséquence de plusieurs facteurs, mais on ne peut pas le reprocher entièrement au système puisque que certains réussissent et d’autres non. C’est exactement où je veux en venir et ce qui distingue nos cultures respectives, les Finlandais défendront et protègeront vivement l’enfant contre toute forme de punitions même s’il est fautif, même si l’enfant a contribué lui-même à son échec scolaire (s’il n’a pas fait ses devoirs, s’il a fait l’école buissonnière, s’il passait son temps à perturber la classe,…).
    Les Français eux envisagent que l’élève lui-même ait pu provoquer son échec (manque de travail individuel, mauvaises méthodes personnelles d’apprentissage, manque de concentration ou d’intérêt pour les études) et de ce fait ne mérite pas les mêmes avantages que les autres qui ont travaillé dur pendant l’année. Voilà deux manières de penser bien différentes qui peuvent susciter de longs débats et dépendent beaucoup de la rigueur, de la discipline, de l’éducation reçue de nos parents (individualisme vs. collectivisme). Quoi qu’il en soit il est impensable qu’en France on construise un cursus individuel pour chaque élève en difficulté. Et puis certains ne voient pas le redoublement comme un échec scolaire mais comme une deuxième chance, une façon de sauver à temps l’élève et de le remettre sur le droit chemin au lieu qu’il ne s’enfonce dans plus de difficultés. Pour ce qui concerne le cursus personnel, je fais référence au lycée, aux universités et aux écoles professionnelles où l’on peut choisir les matières en plus d’un cursus imposé.

  6. Zorglub dit :

    Merci pour ta réponse.

    Ayant un peu travaillé dans la pétrochimie, c’est presque universel que les travailleurs (par exemple pour les turn around ou les entretiens) soient des sous-traitants.

    Par exemple à Anvers, ce sont principalement des travailleurs français moins cher et plus polyvalent qui assurent ces tâches ingrates (moi je les apprécies).

    Ce que je crains pour la Finlande, c’est que la productivité soit trop faible pour pouvoir continuer une activité productive de base comme celle que j’ai visitée.

    A terme cette production risque d’être délocalisée et quid alors du modèle social ?

    Néanmoins, les personnes du centre de recherche de cette firme (HALTON) ont l’air d’être très compétentes et sont équipés de systèmes performants.

  7. Jean dit :

    C’est sympa de prendre le temps de répondre à tout le monde.
    Mais ta réponse ne me satisfait pas vraiment. Je prends le problème à l’envers: que se passera t’il si le monde ne regarde pas maintenant le système éducatif finlandais différemment ? Si on continue à être bêtement admiratif devant le classement du PISA (largement contestable par ailleurs*)? D’autres massacres?
    Je comprends tout à fait ta réaction aux divagations vues sur ton blog sur cette affaire, mais la multitude de réactions favorables au tueur de la part de lycéens en Finlande est significative. On ne peut pas dire: ça vient d’ailleurs, ou ces ados sont perturbés. Non, je crains que ce soit inhérent au système éducatif. Comment ? où est la faille? je ne sais pas, n’étant pas pédagogue.
    Mais il faut chercher. Dans ma partie, qui est la physique, il suffit d’un seul évènement (une expérience ou une observation) contredisant la théorie pour que tout le modèle s’effondre et qu’il faille tout remettre en question.
    Alors quand tu prends pour thème ‘Le système éducatif finlandais est-il exportable?’, on doit plutôt se poser la question: qu’est ce qui ne marche pas dans ce système? Il y a un avant et un après Jokela. Je pense que la problématique de ton article fait partie de l’avant.

    * par exemple les test d’orthographe: il est évidemment plus facile d’apprendre à écrire le finnois que le français ou l’anglais quand toutes les lettres se prononcent et qu’il y a si peu d’exceptions!

  8. faef dit :

    Jean, arrête avec Tuusula. Ce n’est pas lié à l’école mais à une société où il est difficile de parler de ses émotions (plus une facination des armes et/ou un romantisme limite funèbre dans une partie de la population, plus influence de certains groupes de musique). Les Suédois et les Américains ont aussi eu ce genre de problèmes, et pourtant leurs résultats au test PISA ne sont pas très bons.

    Je reviendrai un peu plus tard pour parler de l’évaluation en Finlande. IL n’est pas vraiment exact de dire qu’il n’y a pas de concurrence ou de critiques constructives.

  9. jospa dit :

    Desolée, mais je suis inclinée d’être un peu d’accord avec Sanna et faef: votre article contient énormément d’information erronnée sur le système scolaire finlandais, surtout en ce qui concerne l’évaluation.

    Sans nier le fait que notre système a beaucoup de choses qu’il faudra changer j’ai quand même l’impression que votre article est plus une accusation contre notre système qu’une description ou observation de celui-ci… et je me demande pourquoi?

    Pour ceux qui pensent que le tueur de Jokela est le produit de notre système scolaire par excellence, bof, à chacun ses idées mais c’est chercher loin. Il s’agit d’un individu dérangé, pas du finlandais typique.

    Et les émeutes en banlieu de Paris en ce moment? Des jeunes francais qui sont « devenus plus forts » et qui ont « appris à gérer les obstacles de la vie » à force d’être humiliés devant les autres…?
    (ou est-ce encore les enfants des immigrés illettré qui apparemment ne représentent pas (votre) France?)

  10. CarrieB dit :

    Je pense qu’il n’existe pas de système scolaire parfait, ni même d’élèves parfaits! En France, ce que je ressens le plus à l’école des enfants, dans le public, c’est un gros gros manque de moyens et d’effectifs, qui fait que même les meilleurs enseignants revoient leurs idéaux à la baisse.
    J’admire particulièrement le maître de mon fils, qui tient à lui seul une classe de 24 enfants de 3 ans!!!
    Heureusement, le système scolaire n’est pas tout, il y a aussi l’environnement familial et social!

  11. Damien dit :

    « Et étant un “pur produit” du système français, avec mentalité élitiste (dont j’ai eu du mal à me défaire), et confiance en moi anéantie par des années à me faire traiter d’imbécile et de future chômeuse par une bonne majorité de profs… » (Charlotte)

    « Le système éducatif Français peut donc être humiliant, déstabilisant et très compétitif c’est malheureux à dire mais ce sont des moments comme ca qui nous font devenir plus forts, qui créer une sorte de bouclier virtuel, qui nous sert à gérer les obstacles de la vie. » (Finlandssecrets)

    Je répondrai conjointement aux deux commentaires car ils traitent du même sujet globalement: élitisme et compétition.

    Etre dur avec les élèves leur est-il favorable? Oui comme le dit Alexia, ca peut servir à se construire une protection. Mais être trop dur semble entraîner le contraire comme le dit Charlotte. Find the balance I guess…

    Je poserai à mon tour ma propre question: être gentil avec les élèves leur est-il favorable? En général, la réponse qui vient immédiatement est « oui ». Je ne peux pas être totalement d’accord avec cela.
    Etant moi aussi un pur produit du système francais, avec mentalité élitiste et compétitive (dont je ne me suis pas défait), l’attitude trop gentille de la majorité des profs que j’ai eus m’a quelque peu desservi. A force d’entendre des « stp laisse les autres répondre avant toi » « tu sais déjà faire, alors fais ce que tu veux pendant qu’on fait l’exercice » « oh Damien ton 12 est anormal, on parlera de tout ca après le cours » et j’en passe, le risque est de se lasser de tout ca. J’ai davantage suivi ma ligne durant ma scolarité que celle des profs. Oh bien sûr tous ne sont pas comme ca et certains ne mettent pas les bons élèves de côté pour ne se consacrer qu’aux « plus faibles » qui ont plus besoin d’eux soi disant… Mais bon.

    Autre risque: se créer non pas une protection mais une bulle, comme Alexia le dit dans son article. La chute peut entraîner des conséquences effrayantes sur lesquelles je pourrai personnellement davantage m’avancer…

    Donc attention: trop de sévérité n’est pas bon mais trop de gentillesse non plus, loin de là. Etre juste est je pense la meilleure solution.

    Que pensez-vous des classes de niveaux tiens? J’avoue que même si l’idéal social de mixité blabla interdirait telle chose, je n’y verrais pas que des inconvénients. Au moins les profs pourraient s’adapter au niveau de tous les élèves et rendre les cours plus accrocheurs.

    « Enfin voilà. Ce qu’il faudrait déjà en France c’est mettre un peu plus de moyens dans l’école (ou mieux utiliser ceux qu’il y a déjà?), ça tournerait peut-être mieux… » (Charlotte)

    Pour avoir déjà bossé dans l’Education Nationale côté administratif, et avoir pu discuté de ca avec le DRH et le directeur du budget de l’académie en question, il faudrait les deux: avant tout mieux gérer le budget alloué et peut-être aussi le revoir à la hausse.

    Mais ca, ca rentre dans le cadre de la réforme plus globale de l’Etat dont celle de la fonction publique (voir la récente LOLF qui est un excellent premier pas).

    Système francais: en progression. Mais attention à ne pas s’arrêter en chemin…

    ps: des études de droit ai-je entendu? ^^

  12. Damien dit :

    pps: l’èlitisme est-il une si mauvaise chose que ca?

    Définiton du dico en ligne Medicadico: > élitisme
    (nom masculin)
    Attitude qui consiste à favoriser la formation d’une élite et l’accession des individus jugés comme étant les meilleurs aux postes de responsabilité.

    Or selon moi: égalité des chances -> méritocratie -> élitisne.

    Les gens en géneral veulent le premier mais pas le dernier… Dur dur comme bjectif.

  13. Minna dit :

    I will firstly apologise that my writing in French is not yet good enough to write what I want to say; I will thus post my comment in English.

    I’m Finnish and my partner is French and we have a small child. We have decided against living in France for many reasons, but partly because of the school system. Finland is our definite choice in this regard.

    Why? The Finnish school system produces great results, despite of the fact that children have short school days and start school only at the age of 7. The teaching to our understanding is more varied, innovative and effective in methods and the children indeed have more choice. One of the most important things is that there is clear emphasis on languages in the Finnish school system and also in general a good selection of languages to choose from. The lack of emphasis in languages is a real dismay of the school system in France.

    It is one of the most positive things about the Finnish system that the old-fashioned and stiff hierarchy is missing! Please bear in mind that also Finnish organisations and companies portray much less hierarchy than the French ones. The reasons for this are deep in the Finnish culture and history. If you would think that the lack of hierarchy is a bad thing and equals to lack of respect and obedience, then it clearly shows that at least you -or maybe France overal- is not ready for the Finnish school system.

    My husband still works in a French company while I work in an international environment. I can clearly see the differences in hierarchy between my husband’s work place and my own. He has to deal with such incredibly old-fashioned hierarchy and management style which I have only seen in French companies. I thank the stars my child will not have to learn to respect someone just because thay have some power over you in an organisation. My child will learn to respect all people equally and and will be respected back with no demands on blind obedience!

  14. vedenkestavaimuri dit :

    Minna,se oli just ihana mitä sä kirjoitit…kiiti/+++

  15. Josée dit :

    Très intéressant comme article. Il semble qu’il n’y a pas de système parfait car on voit bien les limites de celui-ci au travers de ton écrit. Cependant, je le crois meilleur en global au système français qui bloque trop les enfants dans un cursus rigide où beaucoup trop s’étouffent. -matière qui n’a rien à voir le but final, matière qui ne plaît pas, blocage total sur la matière présentée, chemins obligatoires souvent inutiles pour parvenir enfin ! à pouvoir étudier ce que l’on souhaite- La France a un autre problème celui de changer, de se transformer en souplesse et c’est bien dommage.

  16. Zorglub dit :

    Où sont les moustiques ?

  17. Josée dit :

    Très joyeuses fêtes de Noël avec ton mari Alexia ! Gros bisous de Paris très froid mais sans neige. Un petit peu de neige serait pourtant joli mais avec tous nos sdf ce n’est pas le moment et même avec le gaz qui va encore augmenter de 6% en janvier, il vaut mieux pour tout le monde que le temps reste clément. Faisons la trêve des confiseurs, ne râlons pas avant le 2 janvier et encore de très gros bisous.

  18. Priviet
    de retour du mois d’aôut)

    Vous m’avez manqué.
    Il ne tient pourtant qu’à moi de me connecter. Mais, je le fais rarement autrement que pour le travail.
    Je suis toujours aussi éblouie devant la qualité de vos écrits. Et surtout, de la passion qui semble s’exprimer à travers elle. À bientôt de vous lire encore.
    Je reviendrais sur cet article, qui pose beaucoup de questions, mais n’apportent de leurs auteurs que peu de réponses.

    Hvvää hiltaa

    Aleksenteri

  19. papet croûton dit :

    Être dur avec les élèves leur est-il favorable?
    Être gentil avec les élèves leur est-il favorable?
    Ni l’un ni l’autre :
    On doit être gentil, mais strict.

    PS : Question idiote : contente de revoir sa frangine ?

  20. Stef dit :

    Je n’ai pas vraiment envie de relire les « gentilles bétises »que vous débitez sur le systeme educatif Finlandais mais laissez moi vous dire que je pense que vous etes completement a coté de la plaque et que votre experience en finlande n’a apparemment pas depassé la région d’Helsinfors … La Finlande c’est presque deux fois la France en Latitude et l’on y trouve un grand nombre d’émmigrés ! Quand a l’éducation des enfants ! Laissez moi rire ! mon fils qui est né en France et qui a subit la « dictature » éducative Française , parle a 8 ans en Finlande et grace au systeme éducatif de ce congélateur , 3 langues + l’Anglais qui est au programme dès l’année prochaine ! sait se servir d’un tournevis, chanter, patiner , skier, faire la vaisselle et rentrer seul a la maison …et lire un livre sans s’abrutir avec la tv … un minimum de 10 h par jour dehors ! dans le froid , la pluie et la neige et la foret ! quel bonheur !
    Vous avez votre systeme , nous avons le notre … les choses sont bien ainsi n’est-ce pas !

  21. Stef: je comprends que vous aiyez votre propre opinion sur la question mais plutôt d’écrire que j’ai tort et que j’ecris n’importe quoi d’une facon drastique et agressive, il serait peut être plus convenable d’écrire que vous n’êtes pas du même avis. On a tous des expériences différentes si vous aviez pris le temps de lire mon profil, vous auriez pu remarquer que j’ai vécu 6,5 ans à Turku et enseigné là bas. des gamins qui s’abrutissent devant la TV, les jeux vidéos, il y en a partout, ici aussi.
    Lorsque vous parlez d’ »émmigrés », vous voulez surement dire des pays voisins Suédois, Estoniens, Russes…qui représentent la majeure partie des 2% d’étrangers ici. L’objectif de cet article est de partager ses expériences, donner son opinion sur la question et argumenter, sans nécessairement juger lequel de ces 2 systèmes est le meilleur. Je tentais juste de savoir si le système Finlandais etait exportable en France ou non.

  22. Irina dit :

    Texte intéressant, mais point de vue très francais. :)
    J’ai été scolarisée dans les deux pays… j’ai eu la chance d’avoir de très bons profs en primaire, mais le collége francais m’a profondément traumatisée. Sérieusement, il ne m’a pas rendue plus forte, je ne suis pas reconnaissante, alors je m’excuse si mon commentaire est un peu enflammé et très subjectif.

    Vous parlez de l’absence de la critique constructive – mais peut-être ne la voyez-vous pas, justement parce qu’elle est constructive. « C’est bien que tu ais essayé, mais fais plutot comme cela et tu réussiras mieux » est ce qu’on m’a souvent dit en Finlande, aulieu de « mais tu sais rien, tu est un idiot et tu vas redoubler ». Redoubler, oui, je vois cela comme stigmatisant. Je ne vois aucune raison de punir un ENFANT pour, en vous citant, « mauvaises méthodes personnelles d’apprentissage, manque de concentration ou d’intérêt pour les études ». En Finlande, nous essayons de trouver un reméde pour le manque de concentration, un reméde autre que l’humiliation.

    Je généralise, je sais que tous les enseignants ne sont pas pareils, mais selon mon experience –
    En Finlande, je n’avais pas peur de dire que je n’avais pas compris. En France, j’aurais été punie pour ne pas avoir compris.
    En Finlande, j’avais l’impression que le prof était là pour m’aider, et je faisais de mon mieux parce que je voulais être à la hauteur de ce qu’on me demande. En France, j’avais l’impression que le prof était là pour me punir, et je faisais de mon mieux parce que j’avais peur.
    Un prof finlandais m’enlève un point parce que le contenu de ma réponse n’est pas correct. Un prof francais m’enléve un point parce que je n’ai pas souligné le titre en stylo vert.
    En Finlande, un prof précise bien avant de rendre les copies de contrôle: « elles ne sont dans aucun ordre ». En France, un prof les distribue dans l’ordre suivant les notes, le faisant bien comprendre aux élèves.

    En Finlande, j’ai été encouragée alors que mes notes restaient dans la moyenne pour la plus part du temps, en France j’ai été découragée alors que j’étais toujours une élève de 20/20: découragée par l’attitude des enseignants, qui me comparaient aux autres, qui me mettaient sur un piédestal et fouéttaient psychologiquement les élèves moins forts.
    Je suis absolument du même avis avec Minna sur l’hiérarchie. Mais je vois quand même l’enseignant comme une autorité, seulement, pas une autorité imposée, mais quelqu’un qui a mérité sa place, qui n’a pas besoin de se placer dans un univers complétement à part de celui des élèves, mais qui peut descendre parmi eux sans que cela blesse son ego.

    Tout cela a certainement fait de moi une potentielle massacreuse sans confiance en moi. Je le sens… je pense que dés lundi le sang coulera à la fac du Mirail… Jean, au moins tu sauras que c’est la faute du système scolaire! [/sarcasme]

    Concurrence, esprit compétitif, il y a.
    Mais il n’est pas imposé. Moi, je n’ai aucun besoin d’être Plus Forte Que Les Autres, tant que je suis satisfaite de ce que je fais, et je suis contente que l’on ne m’ait pas imposé un stress additionel, mais un enfant à l’esprit compétitif de va pas non plus être découragé, ses exploits seront reconnus. Aussi, j’ai fait ma carriére scolaire dans le bâtiment dit être le plus « élitiste », demandant, exigeant, du pays (SYK) (car c’est aussi une école très internationale), mais je ne pense pas que c’est seulement chez nous qu’il y a beaucoup de devoirs, que les cartables sont lourds… et quand 7,5/10 est déjà une mauvaise note, il y a de quoi réviser pour les contrôles…

    Cours de cuisine, couture, travaux techniques… je ne vois pas le systéme francais faire confiance aux élèves assez pour l’organisation de cours aussi libres. Pourquoi?

    Un problème fondamental dans le systéme francais est, je trouve, l’importance que l’on porte à la forme, au dépens du contenu (ceci prochement lié à l’hiérarchie). Un exemple pour illustrer:
    Au collége en France, un camarade de classe me demande: « Comment tu fais pour avoir de si bonnes notes?! T’apprends tes cours par coeur tous les soirs? »
    Je lui réponds: « Ben non… j’apprends pas les phrases, j’apprends les choses. J’apprends le contenu. »
    Il me regarde avec un air perdu, et dit: « Mais… c’est quoi, la chose? COMMENT TU FAIS POUR SAVOIR CE QUE C’EST, LE CONTENU? »

    Eh, oui. Jotain pahasti vialla.

  23. PHI dit :

    Enfin des éléments critiques ! Vos échanges sont très sgnificatifs : les regards sur la Finlande sont bien différents ! Quelqu’un pourrait-il nous dire si, finalement, le lycée ne pose pas plus de problèmes que le collège (question du cursus perso et de l’enseignement spécialisé))? Et que dire des examens : ya -t-il sélection, en quel sens ? Merci (en fait, c’est assez urgent, mais bon…)

  24. Il est vrai qu’en terme de macroéconomie, les effets de la trop forte création de formation brute de capital fixe agit indirectement sur le systeme financier des caribout du Grand Nord. En effet cette partie qui concerne l’ébauche de la scolarisation finlandaise est effective. Cependant, une hausse de l’investissement, melé a la défaillance de l’innovation des musées des pays du nord, le grand caribout est donc le Gourou. Par conséquent : Vive le Jean Bon, le Jean Registre, le Jean ai pas, etc…

    Mes sincères condoléances,

    Jean.

    PS: Visitez ce superbe site: http://www.Jean-naipa.com

  25. Il est vrai que je confirmerais la théorie de Jean Lahémadeey du point de vue macroéconomique. Mais, cependant, donc ensuite, la microéconomie des grands libéraux caribout du petit nord agissent à certain point non donné dans la polygamie des sexes opposés finlandais. Il faut donc, conformément à la conformité, conformé que l’étude sur l’édulcorant des leptines.

  26. Fred Bec dit :

    @ Irina:

    excusez moi de vous dire que vous manquez un peu de mesure… mais cela est probablement du à des réminiscences de vos expériences éducatives traumatisantes en France;)

    @ux autres finlandais commentateurs:

    Je suis profondément rassuré de voir que la mauvaise foi n’est pas le seul fait des français, pas plus que la manie des polémiques, ou même le chauvinisme qu’on a toujours tendance à ne croire que « franchouillard » (On a pas tant que ça confiance en nous, vous savez, et cette arrogance n’est qu’une vieille manie désuète héritée du grand siècle: c’est comme l’ancien français qui transparaît encore dans le langage SMS).

    Je n’ai pas été en Finlande et je suis malheureusement obligé de faire confiance aux témoignages divers et variés pour tenter de me faire une idée sur ce système éducatif, et surtout pour en connaître les éléments « exportables » ou plutôt adaptables. Je n’ai pas la naïveté de croire que c’est un système parfait, mais je crois bien que chaque pays peut trouver le système qui lui convient. Cela a longtemps été le cas pour la France, mais ce pays a changé et c’est bien cela le fond du problème: le principal défaut de la France et des français est la peur du changement et partant, la perpétuelle résistance à celui ci. Cela a parfois pu se transformer en avantage, mais c’est souvent un gros handicap. Pour l’éducation, c’est un handicap. Chaque réforme est vouée à l’échec, à moins de trouver la méthode… Le livre de Paul Robert est un bon résumé, mais ses conclusions sont à mon avis un simple prétexte à validation des théories pédagogiques à la Meyrieux qui ont ces temps-ci de moins en moins d’audience. Et pour cause, diraient certains, qui voient en elles les causes de l’échec de notre système. Paul Robert, lui, considère que c’est parce qu’on ne va pas assez loin dans les réformes que ce système est en échec. On n’est pas plus avancé… Le problème reste que comme on expérimente sur de l’humain, on hésite à prendre la responsabilité, et comme en plus, on n’aime pas le changement: statu quo, tradi: 1 – pédago:1 ; balle au centre.

  27. zara dit :

    mon idée sur le système finlandais s’est rebooster aprés avoir vu un documentaire à la télé moi, la liberté,le respect j’aimerais les trouver dans notre système hériter du système français qui m’a ennuyer toute ma vie ma

  28. set99 dit :

    copié-collé d’un commentaire d’un autre site …
    Où l’on apprend qu’on ne nous dit pas tout sur ce système finlandais , qu’il est trop génial …

    « Et est-ce qu’ils ont parlé du sujet qui fâche en ce moment en France : la semaine de 4, « 4,5″ et 5 jours ? Si je ne me goure pas, c’est la semaine de 5 jours en Finlande, et ça a tout le temps été comme ça. Ça me parait d’ailleurs mieux, mais…

    Après, faut voir le contexte… mais montrer le contexte, c’est faire comprendre que ce n’est pas reproductible en France, et le débat après la pub serait plombé. Pire : les spectateurs pourraient zapper au milieu du reportage (avant la pub !!!), après s’être dits : « oh, mais ils font rien comme chez nous dans ce pays, c’est pour ça qu’ils ont des résultats différents et on ne peut pas faire comme eux »

    De ce que j’en sais, en Finlande, le déjeuner est expédié en ~ 30 minutes (et non pas 1h30 ou 2h comme en France), la journée se termine tôt (vers 14h-15h, non ?). Au lieu de faire toutes les activités extra-scolaires le mercredi, c’est un peu chaque jour après les cours… Et le détail impossible à reproduire en France : les parents terminent leurs journées en général entre 16h et 17h ; et s’ils ont besoin de terminer plus tôt pour une activité particulière d’un enfant (ou un manque d’activité ce jour-là), ils peuvent souvent le faire, ils sont assez libres de s’organiser au boulot.

    Et encore, là, je ne parlais que de la semaine de 4, « 4,5″ ou 5 jours. Autre exemple, plus violent : si on explique au spectateur français que les Finlandais écrivent, en gros, leur langue en phonétique, k’il ni a pa vré men de dikté, é ke la grande difikulté sé de savouar si un « mo » é ékri en 1 ou 2 mo, alors là, si on lui fait comprendre ça au spectateur moyen, il ne peut pas assimiler la moindre info supplémentaire, son cerveau reste bloqué sur « put1, ils ont nivelé leur système par le bas, ce n’est pas que le pays de Nokia, c’est aussi le pays où les livres sont écrits en langage SMS ! » (note : ouais, je sais, y’a une différence entre l’écrit et l’oral en Finlandais, mais elle mince comme un papier en Finlande, alors qu’en France, elle est épaisse comme un dictionnaire)

    [EDIT]
    Et puis l’école maternelle, ah si on commence la comparaison à partir de ça, ceux qui veulent transposer en France le système finlandais auront du mal à convaincre… Les trucs qui coincent dans une transposition en France du système scolaire finlandais, ils sont innombrables… Faudrait faire un reportage rien que sur ce qui coince… mais ça tuerait le marronnier qui consiste à faire rêver sur le système scolaire finlandais. Et ce marronnier, il profite à plein de gens : l’éducation nationale préfère qu’on parle des bienfaits des autres systèmes plutôt que des erreurs de son système ; les reporters et la télé vendent un programme qui marche ; les Finlandais sont heureux qu’on parle d’eux, et ravis qu’on parle d’eux avec moult éloges. Qui ne profite pas de ce marronnier ? Les Français à qui on bourre le mou de choses à côté de la plaque.
    [/EDIT]

    /Paul »

    visible sur : http://www.salutfinlande.net/forum/viewtopic.php?f=10&t=1244

  29. loéline dit :

    Aller jusqu’a dire qu’un incident à l’ecole soit le pur produit de l’éducation finlandaise c’est effectivement cherché loin .
    Il ya bien eu en france un éleve qui à agressé son prof en plein cours avec un couteau ).et ce n’est biensur pas un cas isolé en france
    alors lequel des 2 systeme est le meilleur ?
    En france l’on fait bruler des voitures dans les zONE sensible…

    Peut etre en plus des criteres de la piza devrions nous rajouté le nombre d’éleve se suicidant a cause du systeme educatif puis aussi le nombre d’eleve devenant violent?
    et dangeureux
    Serions nous d’avantage fixé sur la qualité d’un systeme educatif ?
    Il est pourtant certain q’avec ces criteres inclus la finlande resterait loin devant la france en qualité de formation .

    Enfin voila moi ce que je reproche au systeme francais:

    de ne pas assez soutenir ses élèves
     » tu ne comprent pas la lecon de math ,personne ne te la réexpliquera ,tu essayera (si t’es travailleur) de la comprendre par toi meme ,sinon tu devra suivre et t’enfoncer encore plus  » onte traitera d’idiot et le prof n’hésitera pas à te dire « 9 c’est vrement nul  » et à te dire va en stg ,la section général n’est pas pour toi » =fabricaton des classe poubelle avec plein de perturbateur qui suivent des cours qui ne les interressent pas .

    Cependant avec 40 point à rattraper au bac tu poura toujours l’avoir au ratrappage (intolerable)

    et qui plus est un bac général (soit disant l’un des 3bac elite!!
    avec un mauvais dossier vaux moin qu’un bac technique qui
    est pourtant censé etre un bac moin bon? (Question un 9en francais filiere L ne vaudrait ‘il pas un 10 ou 12en stg sur le meme sujet?)
    En tous cas c’est comme cela que beaucoup ce font avoir.

    car il ya un autre probleme qui est celui du conseiller d’orientation (qui le plus souven t’ecoute parler 5minutes et te colle devant un test informatique dont la nulité est prouvé san t’informer vrement)
    Hors de question de venir lui demander de l’aide, il n’est la qu’unefois par semaine et encore pour avoir un rdv c’est 6mois a l’avance et pendant les cours

    Puis pourquoi avons nous en france tant de phobiques scolaires au absentéisme multiple faut il just les envoyer en cente medicale et scolaire ou une unité scolaire ressemblant d’avantage a un systeme
    scolaire finlandais est mis en place (ex le prof
    de math qui vient te reexpliquer personellement le cours , le conseiller d’orientation qui t’aide…petite classe …)

    la phobie scolaire de beaucoup , les mauvaise note des éleves qui trouvent plus passionant en cours de dormir plutot que d’ecouter le prof ou qui dessinne en faisant semblant de faire les exercices,auquel de toute facon ils n’ont
    rien compris et qui par peur de l’humiliation n’osent pas demander de l’aide .

    La phobie scolaire ,les absences ou retard continuel de certain ,les gens titulaire d’un diplome qui ne leur sert a rien (ta tjr été nul a l’ecole mais tu veux un taf vite tu choisi le bts mais tes notes sont tellement nul que c’est fichu) et des solutions semblable a ceux du systeme finlandais (cours que le matin ou pose de 3heures entre les cours du matin …prof qui t’explique et te reexplique en cours particulier , pas de sanction ou presque pas …)

    N’est ce donc pas plutot notre system educatif francais qui est malade et mauvais ?
    Alors que certaine structure (semblable au systeme finlandais)existe dans notre pays pour soigner les phobiques scolaire . oui des ecole ou un accompagnement scolaire est possible,ou tu peux béneficier d’aides , de cours particulier existe . les places sont cher
    et encore faut il etre vrement tres malade !
    Un systeme peu etre moin elitiste plus accompagnant (cours pour te reexpliquer en individuel ou petit groupes , journée moin longues, genre 8H -14H mais avec moin de vacances scolaires …) mais egalement faire aimer l’ecole aux enfants…Une ecole moin repressive , plus basé sur la confiance, l’autonomie …,etla pédagogie

    Il ya aussi les lycée experimentaux (dont les concept ne sont malheuresement pa approfondit ni répendu)et ou il faut reelement avoir des « raison  » pour y ere admis,

    Je pense en réalité que c’est le manque de moyens et de savoirs faire (lon ne connait que la repression scolaire!! entre nous combien je suis aller en colle pour recommencer apres et colle ou j’apportais mon Livre ou refesait des exos toujours faux car rien compris = punition tres utile si ce n’est de te dégouter d’avantage de l’ecole!!)
    mais également le manque d’envie
    qui sont la cause des problemes de l’education national francais .

    Le systeme finlandais n’est peu etre pas entierement adaptable mais il ya bien des choses a prendre (et des choses a laisser) que nous savons deja faire peu etre alors ne pas attendre que les gens soient malades /phobiques scolaire pour faire profiter d’un bon systeme au plus grand nombre

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