Archive pour août 2007

les pieds dans le plat …

Mercredi 29 août 2007

les pieds dans le plat … dans voyage istockphoto_1398942_mistake

Un jour on m’a dit « j’te présente mon ami Vesa » ce à quoi j’ai répondu en m’esclaffant: « sans rire, comme les toilettes* ? (*vessa). Et depuis y’a des jours comme ca où je galère avec les aléas de la langue. L’orthographe finlandais m’a joué des tours dans le passé et continue régulièrement de s’en délecter dans mon quotidien. Parce qu’une minuscule microscopique infime petite lettre prononcée de travers peut changer la signification d’une phrase, il m’arrive parfois volontairement d’économiser mon discours.

J’en ai soupiré des « il fait vraiment épicé dehors aujourd’hui », au lieu de dire qu’il y a du vent*, des « je tue telle ou telle personne aujourd’hui » au lieu de la rencontrer**, des « j’ai baisé*** un lièvre dans la forêt » au lieu de dire que je l’avais simplement vu …forcément si on ne sait pas d’où je viens ca peut surprendre (non pas que chez moi la coutume soit de baiser les lièvres et particulièrement dans les forêts…) Donc, visiblement quand on fait une faute en Finnois, ce n’est pas négligeable, ce qui explique peut-être la tendance au silence adoptée par la population, mieux vaut se taire que de faire une grave boulette. Et aussi, on peut le deviner, l’une des raisons qui fait hésiter les étrangers à l’apprendre !
* tulinen = épicé/ tuulinen = du vent
** minä tapaan = je rencontre/ minä tapan = je tue
*** minä näin = j’ai vu / minä nain = je baise

On comprend que la situation peut-être alarmante quand on alerte le quartier pris de panique en s’écriant qu’il y a un ballon* chez le voisin ou encore qu’on a gagné un chat !** Il existe toute une brochette de termes comme ca qui ont un sens complètement différent et qu’on prononce pourtant presque de la même facon. * palo ≠ pallo (incendie / ballon) ** kisa kissa (compétition / chat)

Ces quelques expériences démontrent qu’il suffit donc de pas grand-chose pour être mal compris même en faisant tous les efforts de prononciation possibles. Vu que le finnois n’est pas ma langue maternelle et que je ne suis pas née polyglotte, je n’ai pas cette habilité à communiquer avec des inconnus finlandais dans les files d’attente tout naturellement ou de parler à poil devant mon gynéco de ses vacances dans les Alpes alors qu’il me trifouille. Allez on cherche vite dans sa liste limitée de figures de styles, de vocabulaire, de mots de liaisons, d’adjectifs et de termes tendances la syntaxe qui fera la p’tite blague juste pour mettre une bonne ambiance dans le cabinet médical avant de s’apercevoir que faire de l’humour dans une langue qui ne nous appartient pas et toute nue de surcroît, c’est pas une partie de domino !

Après m’être assurée qu’on ne juge pas les gens par le type de blagues qu’ils racontent, comme c’est souvent le cas j’ai pris mon courage à deux mains, il m’a fallu du temps, de la concentration et des heures de répétions devant le miroir avant de pouvoir un jour balancer à la pause café la blague des Schtroumpfs…sans savoir comment mes collègues de boulot allaient réagir, non pas parce que la blague n’est pas rigolote mais parce que tout dépendait de la façon dont je la racontais et des termes utilisés. Parce que dire bêtement « testicules » c’est pas pareil que de dire « roubignolles » ou « les valseuses » ca ajoute tout de suite un effet comique et plus vrai à la devinette.

La moralité de ce post c’est qu’il ne faut pas sous-estimer la difficulté à être comique dans une langue qui n’est pas la sienne en restant politiquement correcte. On est obligé de mettre les pieds dans le plat au moins une fois avant de comprendre comment ca marche et on est jamais à l’abris d’une mauvaise interprétation. Et quand en retour les collègues bon public se dilatent la rate, on se sent fiers et intégrés, p’têtre même que la prochaine fois je m’lancerais dans des blagues de blondes !!!… Je m’assurerai avant qu’il n’y a pas de risque de lancer de projectiles parce qu’elles sont nombreuses!!!

* devinette des Schtroumpfs : Pourquoi les Schtroumpfs (« Smurffit » en finnois) rigolent tout le temps ? Réponse : parce que les brins d’herbes leur chatouille les roubignolles quand ils se promènent.

Une vérité qui dérange

Lundi 20 août 2007

Une vérité qui dérange  dans voyage Immigration

Helsinki Sanomat (TNS Gallup) révèle dans un article qui sort du four que les Finlandais sont optimistes et même plutôt ouverts à un potentiel flux d’immigration productive vers le pays.  En dépit des résultats de ce sondage, il existe selon moi en pratique, une opposition massive contre l’exil d’étrangers en Finlande (pour le travail ou non) particulièrement provenant des pays de l’Est, d’Afrique et de Moyen-Orient mais aussi contre les Roms. Malheureusement il n’y a presque que quand on est étranger soi-même et qu’on vit en Finlande qu’on comprend que ce sondage est discordant voire hypocrite et masque une partie de la vérité.   

Sur le papier, il n’existe pas de discrimination, personne n’est xénophobe, ca donne une image positive de l’accueil réservé aux futurs immigrés, après tout ce sondage n’est qu’une situation hypothétique et tant qu’en pratique ca ne se fait pas, pourquoi donc avouer publiquement que certaines nations ne collent pas dans le décor d’une Finlande biculturelle performante? La Finlande serait-elle trop sélective, trop idéaliste dans sa politique d’immigration en souhaitant faire rentrer sur son territoire l’élite étrangère ? Oui aux honnêtes étrangers chercheurs d’emploi ou déjà professionnellement actifs, oui aux entrepreneurs Turcs qui vendent des pizzas-kebabs, oui aux gérants de restos Chinois, oui aux Polonais qui bossent dur pour pas un rond et oui aux étudiants fraîchement diplômés des pays développés qu’on peut si facilement exploiter en stage non rémunérés en échange de quelques mois de dépaysement assurés.

En gros, la banderole « bienvenue » n’est réservée qu’à certaines nations (de préférence de pays TRÉS développés), c’est peut-être un peu rude mais c’est pourtant la politique de la Finlande et les tristes propos de l’opinion publique même si personne ne l’avoue haut et fort. 

http://www.hs.fi/kotimaa/artikkeli/Harva+vastustaa+ulkomaalaisten+tuloa+t%C3%B6ihin+Suomeen/1135229626213

En effet à son grand désespoir, au lieu d’attirer les jeunes diplômés étrangers expérimentés et mobiles vers elle autrement que pour ses safaris en Laponie ou ses festivals de hard-rock, la Finlande devient l’eldorado des nations voisines qui souffrent depuis trop longtemps de salaires misérables, de corruption et de conditions de travail vétustes. Moins de 10% des étrangers qui viennent s’installer en Finlande ont pour premier objectif le travail, on peut donc en conclure que la carotte professionnelle n’est pas assez alléchante aux yeux de l’élite que le pays souhaite attirer! 

Si la vie ici en programme Erasmus on kiffe grave pendant 6 mois voire un an baigné dans un milieu complètement multiculturel rempli de nuits endiablées, de batailles de boules de neige à poil et de parties « d’action-vérité » bien alcoolisées, le vrai contexte de vie d’un étranger ici n’a absolument rien à voir. D’ailleurs si c’était le cas les étudiants ne quitteraient pas le pays comme des voleurs une fois leur diplôme en poche mais devant le poids des obstacles (financiers, administratifs et politiques) qui se dressent, rares sont les courageux !

Le principal handicap de la Finlande c’est de ne pas savoir rendre suffisamment attrayantes les conditions de vie des étrangers productifs : un coût de vie élevé, un petit pouvoir d’achat, des impôts énormes prélevés à la source selon les salaires, un climat défavorable, une présence géographique difficile, une langue compliquée peu parlée ainsi qu’une politique d’immigration pas très limpide représentent sans l’ombre d’un doute des facteurs considérables de choix. Les Finlandais eux-mêmes ont du mal à comprendre pourquoi un Français, un Espagnol ou même un Américain viendrait s’installer ici alors qu’une grande majorité de Finlandais leur envie leur mode ou qualité de vie et leur climat et se dit prêt à s’installer dans leur pays si l’opportunité se présente ! 

Alors pour toutes celles et ceux qui idolâtrent la Finlande, sa nature, ses paysages, ses groupes de métal, sa qualité de vie, je leur dis que  pour pouvoir profiter de tout ca et jouir des petits plaisirs de tous les jours, il y a forcément un revers de médaille et à moins d’épouser un(e) milliardaire il faut pouvoir y travailler et se résoudre aux côtés un peu moins réjouissants.

la chorégraphe avait bu ce jour là rassurez-moi!

Mercredi 15 août 2007

Pour vous faire patienter en attendant mon prochain post, voilà une petite vidéo bien Finlandaise. Quel engouement!

Il s’agit du chanteur Danny et Armi: I wanna love you tender   « Tahdon olla sulle hyvin hellä »

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et si c’était le prince charmant?

Lundi 6 août 2007

et si c'était le prince charmant? dans voyage CHA0060 

Quand très jeune on rêve de son prince charmant on l’imagine rarement buvant du pastis-coca et parlant une langue dont l’alphabet ne semble comporter que le K et le Ä ! On n’aurait jamais pu faire partie du passé de l’un et de l’autre et un jour, les petits papillons qui sont apparus subitement prés de mon estomac se sont dit « home, sweet home » et ont décidé d’y voltiger définitivement! Ca fait un drôle d’effet et on a du mal à y croire ! 

Il y a tout juste 9 ans je lui expliquais quel était l’usage d’un bidet (élément propre aux Français), à apprécier un bon vin, à socialiser sans s’enivrer le sang ainsi qu’à baragouiner dans la langue de Molière…  Les tue l’amour genre caleçon long d’hiver Batman, Damar molletonné et moufles poilues qui sur n’importe qui d’autre m’aurait fait auparavant prendre mes jambes à mon cou, comme par miracle ne me dérangeaient plus le moins du monde. Chaque situation, chaque accessoire, chaque parole lui allait mieux qu’à n’importe quel mannequin underwear de Biba ! Après le premier baiser je vivais déjà dans un monde nouveau mais était-il fait de marécages, de palais enchantés ou d’un avenir plein de promesses je ne voulais pas le savoir. 

Mon Prince Charmant à moi était paré de toutes les qualités, l’incarnation de ce dont rêve toutes les femmes… jusqu’à ce que je réalise qu’il lui suffit, comme à bien d’autres hommes, d’apercevoir des jantes alu, un pack de bière et une photo de Salma Hayek en bikini pour voir apparaître une étincelle dans ses yeux!emoticone En dépit de ma lointaine ressemblance avec cette dernière il a tout de même franchi vaillamment nombre d’obstacles, combattu le poids de la distance, bravé les aléas de mon caractère et affronté les disparités de nos cultures. A sa place, beaucoup auraient baissé les bras au lieu de s’embarquer dans une zone à risques mais pas lui. Mon Finlandais a persévéré, il ne m’a jamais étouffé, jamais pressé, jamais supplié, jamais noyé dans d’utopiques promesses ou projets d’avenir. 

On vit dans le choc continuel de nos tempéraments, de nos opinions, de nos éducations et de nos expressions. Une gentille lutte perpétuelle entre les deux cultures pour tenter de valoriser ses racines auprès de l’autre, pour justifier ses actes, ses paroles… Comme de nombreux couples mixtes, même s’il y a un grand respect mutuel des cultures, on se taquine régulièrement sur ces points délicats: nos rituels, nos coutumes, nos influences musicales, nos modes vestimentaires, nos dictons, nos jargons, nos façons de conduire, nos principes, l’absurdité de nos langues respectives ou encore de nos spécialités culinaires…et encore bien d’autres caractéristiques qui sont le résultat du « moule ethnique» dans lequel on a grandi. 

9 ans qu’on se reproche mille choses et que chacun essaye d’avoir le dernier mot, de se sauver la mise. Une façon de motiver l’autre à mieux comprendre d’où on vient et nos valeurs respectives.  Mon prince charmant met tous ses efforts de côté pour me garder ici et moi en bonne grenouille je mets toute ma bonne volonté pour y rester mais on fini toujours par se demander quoi qu’il en soit qu’est-ce qui a fait que nos chemins se sont croisés et comment en est-on arrivés à poursuivre ensemble notre aventure? Ca s’rait-y pas de l’amoooooooour plutôt que d’la folie ?