Archive pour avril 2007

Amour, drague et pitié

Lundi 30 avril 2007

Amour, drague et pitié dans voyage pr91245

On croyait la drague plutôt propre à la gente masculine parce que et dites-moi si je me trompe, seuls les hommes sont capables de flirter avec un pylône en mini-jupe après quelques verres sans y voir d’inconvénientemoticone. Hors dans un pays ou pour un homme montrer ses sentiments est un signe de faiblesse, ce sont alors bien souvent les femmes qui ont du prendre les choses en main. 

Alors que nous Françaises (et je pense parler pour beaucoup d’entres elles) avons tenté une bonne partie de notre jeunesse d’éviter les mystérieuses mains aux fesses des Frenchies dragueurs en boîte, rougis des sifflements d’ouvriers dans la rue emoticoneet fait en sorte qu’un amoureux éperdu ne vienne pas chantonner une sérénade sous nos fenêtres accompagné de sa lyre, les Finlandaises elles, ne semblent pas avoir connu ce genre d’attentions. 

Malheureusement le seul préliminaire que certains Finlandais semble s’autoriser avant d’attaquer une technique de drague c’est l’alcool emoticonecar on ne s’engage pas dans une stratégie de flirt sans être bien préparé. Pour booster l’égo d’une future conquête rien de telles que des haleines vineuses qui nous soufflent dans le nez des « je ‘t’aime » fatigués, seule expression connue mondialement des amoureux du zinc. Qu’on soit alors physiquement engageante ou non on se sentira une V.I.P : very important prout-prout (merci Anthony Kavanagh) au sex-appeal d’un lombric en décomposition en plein cœur de la Tchétchénie…emoticone 

Pas étonnant alors que les techniques de drague ringarde du « mademoiselle, votre père est un voleur, il a pris toutes les étoiles pour les mettre dans vos yeux » ou encore  » excusez-moi ca vous a fait mal? »… »quoi donc? »… »quand vous êtes tombée du ciel? » sonnent le romantisme et l’exotisme aux oreilles des Finlandaises.  La technique de séduction directe des Français ainsi que son code gestuel ont le mérite d’être clairs, sans ambigüité. 

En Finlande le flirt n’a pas d’âge, j’ai vu des quinquagénaires maquillées à la pelle, qui cherchent à reconstruire leur vie, aborder ouvertement mon compagnon le sourire aux lèvres et le regard charbonneux, comme si les rides et les vêtements panthères étaient un breuvage affriolant, grrrrrrrrrrrrremoticone Si on nous envie les techniques d’approche et l’aisance des Français à draguer comme si on leur apprenait à flirter dès la maternelle, paradoxalement on nous prend nous Françaises souvent en pitié car  la France donne trop souvent encore aux autres pays l’image d’une nation machiste, arrogante et fière. 

Pour les Finlandaises, on est en quelques sortes un tailleur mimi impeccable aux effluves de parfums qui donne mal à la tête, aux incontournables hauts talons qui résistent même aux ruelles les plus pavées du pays. On sait faire la cuisine et on connait probablement la tendance mode de l’année suivante! oui MAIS. De par cette image que la France donne d’elle-même avec ses hommes omniprésents et ses femmes trop discrètes dans le décor pictural…trop nombreuses sont les Finlandaises qui croient à tort que les petites Françaises sont condamnées ou « forcées » par leur moitié à rester à la maison avec les enfants à gérer les tâches ménagères et continuent à être malgré elles, les esclaves des corvées domestiques.

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Parole d’expat’

Mercredi 18 avril 2007

 Parole d’expat’ dans voyage voyageuse

On croit souvent à tort qu’être expatriée c’est juste quitter son pays, hors c’est bien plus que ca. Avant la vraie aventure ce n’est qu’un mot qui ne prend sa véritable signification que lorsque les éléments familiers disparaissent de notre quotidien. On quitte son pays oui mais aussi tout ce qu’il y a dedans, on oublie ce que l’on était, ce que l’on y faisait, ce qu’on aurait pu devenir, les gens qu’on aurait pu y rencontrer ainsi que la manière dont on aurait pu y vivre. Le passé fait désormais partie d’un jardin secret, personne ne le connait et loin il n’a plus grande importance. Parce qu’ici il n’y a pas de rumeurs ou d’yeux inquisiteurs et qu’on on ne pose pas de questions (ou très peu) on peut librement se reconstruire et songer à l’avenir.

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Il y a bien des choses auxquelles on avait omis de penser avant de partir dans notre élan enthousiaste. Les évènements se succèdent, les naissances se déchainent, les parents vieillissent et les enfants grandissent, et nous nous ne sommes pas là. Le temps passe ici comme là-bas et on ne nous dit pas grand-chose par peur de nous inquiéter. Notre famille a sa vie et on n’en sait presque rien, parce qu’on vit loin on nous épargne toujours les détails et les anecdotes comme si c’était superfluemoticone. On se sent souvent coupable d’avoir trouvé le bonheur ailleurs, d’avoir abandonné lâchement les êtres qui auraient du pouvoir bénéficier de nos conseils, de notre soutien et de notre amour dans leurs moments difficiles. On est pris dans un piège, face à un choix complexe, celui de profiter de moments avec sa famille, ses proches car personne n’est éternel et celui de partager la vie de notre moitié car le plus gros dilemme de l’expatrié dans un couple mixte c’est que les 2 semblent bien souvent inconciliables. 

Que fait-on ici quand nos neveux, nos nièces poussent comme de petits champignons à l’autre bout du monde et qu’on ne saura jamais ce qu’ils étaient, comment ils se comportaient, peut-être juste l’espace d’un court moment à travers une webcam ou quelques photos…on les a vu une poignée de fois et on a peur qu’ils ne se rappellent pas notre prénom où qu’ils pensent qu’on ne s’intéresse pas à eux, à ce qu’ils font… Partir c’est un bouleversement, on commence par essayer de trouver des petits bouts de notre pays dans le nouveau et peu à peu on s’habitue, on change, on pense autrement et on se forge une personnalité. On s’adapte aux mœurs et aux coutumes et c’est ce qu’on a laissé derrière nous qui devient différent. Lorsque qu’un expat’ pense à son pays il a souvent des allures de cartes postales, on se surprend à essayer de reconnaître des paysages, des événements, des gens qui nous seraient familiers. On a écarté toute éventualité de croiser dans la rue une personne du passé, d’entendre au détour d’un rayon de magasin le petit surnom qui nous a collé à la peau depuis notre enfance ou encore tout aussi improbable, entendre parler sa langue maternelleemoticone

Les Finlandais me demandent souvent ce qui me manque le plus de mon pays. Bien avant mes éclairs à la vanille, il y a la famille, les apéros et repas entre amis qui n’en finissent pas. Il y a aussi les embrassades, le contact humain, la langue Française, le climat, les paysages diversifiés (c’est-à-dire autres que les lacs et les forêts omniprésents ici), ma baguette farinée et les bonnes odeurs de boulangeries, la voix des gens du voyage dans les micros des fêtes foraines, l’ambiance des marchés, le pastis et les parties de pétanque qui vont avec, le coût de la vie moins onéreux, un verre de vin en mangeant, la drague parfois et tellement d’autres choses…  01 16140_914 carbone_marche

Parce qu’en plus d’être étranger(e) dans son pays d’accueil, nous expats sommes souvent considérés comme étrangers dans notre pays natal parce qu’on y paye plus d’impôts, parce qu’on n’y est plus productif, parce qu’on ne participe plus économiquement à l’essor du pays, parce que le seul lien qui nous y rattache c’est la langue, un petit morceau de notre cœur et un peu de famille peut-être… 

Un petit lien sur ce site: www.expat-blog.com dédié aux expatriés et à leurs aventures autours du monde et un soutien général à toutes celles et ceux qui ont osé partir sans réfléchir et qui aujourd’hui rêvent d’un vrai croissant aux amandes…emoticone

Impôt sur Médor

Mardi 10 avril 2007

Impôt sur Médor dans voyage dierendag-chihuahua

Après la loi qui stipule qu’il est illégal de conduire un vélo après avoir bu 3 bières et celle qui impose des heures strictes pour secouer ses tapis et faire prendre l’air à ses draps, il existe en Finlande « l’impôt sur Médor » depuis 1894. 

Il y a longtemps que j’aurais du me révolter contre cette loi stupide qui veut que les propriétaires de chiens payent un impôt sur leur toutou. Vous pouvez avoir un reptile dans votre baignoire, un rongeur dans votre salon ou un félin dans votre lit, on ne vous prendra pas un centime. En revanche si vous avez un adorable canidé il vous faudra payer jusqu’à 50 Euros d’impôt annuel selon le lieu où vous résidez. 

Pour de nombreux propriétaires qui ne peuvent notamment pas avoir d’enfants, pour les couples âgés, seuls ou même pour les enfants, le chien est bien plus qu’un simple animal domestique, c’est un compagnon de jeux, un membre de la famille, un confident, une présence, un réconfort, une boule de poils pleine d’affection. Sur quels motifs peut-on imposer des taxes sur un être vivant? de plus pourquoi imposer un animal plutôt qu’un autre? 

Je félicite d’ailleurs Porvoo la ville où je réside pour avoir cessé l’application de la loi le 1er Mai 2004 parce qu’elle n’a aucun sens. Les propriétaires de chiens payent suffisamment de taxes sur la nourriture et les accessoires nécessaires au bien être de toutou pour encore devoir payer d’autres frais supplémentaires. 

Sachant que de nombreux chiens en Finlande ne sont pas déclarés et qu’il est quasiment impossible de tenir un registre, récolter l’argent d’une telle imposition requiert de la bureaucratie inutile, pénalise les propriétaires les plus honnêtes et constitue une injustice vis-à-vis des villes qui n’appliquent plus l’impôt car trop peu rentable comme Porvoo, Rauma, Pori, Oulu, Kemi et beaucoup d’autres villes. La loi n’est pas vraiment crédible puisque les tarifs appliqués varient selon le bon-vouloir des communes, et pas forcément en fonction des services proposés. A titre d’exemples, Espoo/Helsinki: 50 €, Turku et Tampere 34 €, Vaasa 45 €… 

Certes les villes offrent des parcs à chiens clôturés où il est possible de donner à toutou l’impression d’être en liberté l’espace d’un moment si toutefois une femelle en chaleur et 5 rottweilers mâles ne s’y trouvent pas au même moment.

Koirapuisto dans voyage

La maintenance des parcs revient la plupart du temps aux propriétaires de chiens eux-mêmes comme pour le ramassage des crottes de chiens, il y a des propriétaires qui ramassent d’autres qui font ceux qui n’ont pas remarqué que leur boule de poils s’est soulagé dans la pelouse du voisin… 

Où vont donc les impôts sur toutou? 

Pas un distributeur de sachets biodégradables, pas un parc aménagé avec obstacles et cachettes, marcher 5 kilomètres le sachet surprise dans la main avant de pouvoir trouver une poubelle fait partie du quotidien, je comprends que certains s’impatientent…et dire qu’un simple chewing-gum met environ 100 ans à disparaitre on n’en fait pas toute une histoire et c’est pourtant aussi plaisant de marcher sur une crotte de chien que sur un chewing gum!…  Après avoir lu et relu la loi en question avec ses 16 paragraphes, à aucun moment on ne mentionne la raison de cette taxe et où va l’argent, en revanche on ne manque pas de nous rappeler qu’on a le DEVOIR de payer, payer et encore repayer sans nous justifier pourquoi. 

Selon la loi les chiens « utiles » tels les chiens de berger, les chiens de police et les chiens-guides sont exemptés d’impôts, n’y aurait-il donc pas là une élite du chien? une sélection entre chiens chômeurs et chiens travailleurs? n’y aurait-il pas là un favoritisme de races évident sachant qu’un chihuahua n’a pas les qualités requises pour sauver une personne de la noyade et encore moins l’autorité nécessaire à gérer un troupeau de rennes!… 

Chaque année le gouvernement récolte quelques 4 Millions d’Euros en impôts sur les chiens et les propriétaires continuent régulièrement de s’interroger sur les services qui leurs sont vraiment à disposition. Alors oui, nos chiens peuvent se promener dans la forêt, oui nos chiens peuvent aller se piquer une tête dans la mer sur certaines plages, oui nos chiens peuvent prendre le bus gratuitement avec nous, devraient-ils se sentir privilégiés? Pourquoi pas une taxe sur les écureuils, les élans ou les oiseaux qui eux aussi laissent derrière eux des excréments et profitent des forêts? Une taxe sur les alcooliques qui laissent derrière eux bouteilles cassées et déchets en tous genres et qui eux aussi ne manquent pas d’aller se soulager derrière les buissons?…