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Archive pour octobre 2006

Quelques bonnes leçons de Maîtresse Finlande…

Mercredi 25 octobre 2006

Quelques bonnes leçons de Maîtresse Finlande…  dans voyage IS947-033

Accepter le fait qu’il y ai un écureuil en moins sur la terre…pas le choix… c’était l’écureuil, la voiture de derrière ou la balustrade…je propose que quelqu’un se dévoue pour enseigner aux écureuils le code de la route…ah oui je me confesse dans la foulée de ma séance de marche Nordique j’ai aussi marché sur un escargot, ca fait comme si on croquait dans un Crunch!…p’tite minute de silence pour sa famille qui se fait dévorer dans un quatre étoiles de France accompagné d’un beurre persillé alors que moi je l’ai contraint à une mort cruelle!
 

Ici j’ai appris le vrai sens de boire ou conduire, il faut choisir. Plutôt que de dépenser mes euros en chirurgie esthétique et frais hospitaliers je préfère nettement les mettre dans un taxi alors que les bulles me montent à la tête. Même si le tour de bistouris des chirurgiens Estoniens est bien moins onéreux, les chances de ressembler à Angélina Jolie même de dos à ma sortie d’hôpital, sont réduites il paraît.
 

Ici j’ai pu me rouler toute nue dans les flocons frais et blancs (non pas ceux de la purée) mais ceux de la neige après un sauna et rire de la forme de mes fesses laissée dans la neige. J’ai aussi appris à ignorer les concombres et les tomates Finlandais à 5€50 le kilo, on se dit que pour se prix là ils pourraient presque vous raconter leurs origines à 5 générations près… j’ai compris qu’il fallait opter pour les concombres Espagnols qui, parfois même s’ils semblent être venus en stop, sont bien plus économiques…c’est pourtant ironique puisqu’ils viennent de plus loin! La Finlande m’a appris à faire du vélo sur la glace/neige en parlant au téléphone avec l’autre main…débutant s’abstenir, j’ai des années de pratique derrière moi (et aussi de nombreuses chutes!).
 

Marcher avec sa lampe de poche à 16 h de l’après-midi et se déguiser en lampadaire pour pas qu’une voiture nous écrase ca je sais faire. Je sais aussi ce que ca fait d’avoir un été qui dure trois semaines, de tomber dans l’eau glacée et là je comprends enfin mieux pourquoi Léonardo était tout bleu quand il barbotait près du Titanic avec sa copine. Je sais ce que ca fait d’avoir une femme aux cheveux orange pour président, à quoi ressemble le caca d’ours, d’élan et de renne (mentionnez ca sur votre C.V et j’vous assure que vous aller décrocher le job de l’année!)…je sais patiner sur la mer l’hiver avec des stalactites dans le nez. J’ai appris qu’on ne pouvait jamais être seule même au beau milieu de la forêt, y’a toujours un joggeur qui passe par là…attention aux fesses en l’air qui se croient cachées derrière les arbres…ce n’est qu’une illusion…
 

La Finlande m’a appris la patience qu’il faut pour préparer une pâte à pulla (env.3 h), à ne pas me précipiter sur quelqu’un pour lui faire la bise ou l’embrasser, à secouer mes tapis aux heures réglementaires. J’ai appris à me demander si c’est la mer ou simplement un lac à cause de toutes ces iles partout qui font qu’on ne voit que rarement l’horizon. En Finlande j’ai mangé des champignons hallucinogènes (ben oui j’avais oublié mon guide!)…Pô grave on est encore en vie! Quoi? mais non y’a pas d’effets secondaires… La Finlande m’a appris que jamais de ma vie je ne ferai l’achat d’un bateau (barque et radeau exclus) et j’entends déjà mon estomac pousser un soupir de soulagement!
J’ai appris à ne pas scruter les seins pendouillant des mémères au sauna et à ne pas critiquer les bourrelets de mes homologues. J’ai appris à ne pas porter de chaussettes trouées quand je vais chez des amis, que les pauses café au boulot n’étaient pas exclusivement pour boire du café, qu’au petit Noël des entreprises on peut dire du mal de la femme de son collègue parce que personne ne s’en rappellera le lendemain…

J’ai tout simplement appris ce que ca faisait d’être étrangère…

Même pas peur moi…

Jeudi 19 octobre 2006

Même pas peur moi... dans voyage wifecarry_4

Les longues soirées d’hiver au coin du feu visiblement semblent inspirer nos chers amis Finlandais occupés à inventer des sports nationaux insolites qui feront parler d’eux outre mer. Loin d’avoir peur du ridicule, ces compétitions excentriques existent bien et font fureur dans les contrées du pays, parfois même arrivent à gagner l’engouement de nations plus lointaines.
 

Pour se mettre en forme on peut commencer par un petit championnat de manger de petits pois bien connus pour provoquer des flatulences gênantes et qui d’ailleurs vous permettrait surement de remporter le championnat du monde d’endurance au sauna! ;) Petits joueurs s’abstenir, la température n’est même pas comparable aux étés indiens que l’on ne connait pas ici et atteint les 110 degrés, une omelette ca vous tente?
Si vous vous sentez prêt, vous pouvez peut-être enchainer sur un championnat du monde d’écrasement de moustiques en 5 minutes chrono, inutile de prendre votre bombe insecticide de poche ou la tapette à mouche, c’est interdit.
 

La sonnerie de votre téléphone ou de celui de votre collègue de travail vous énerve? n’ayez pas peur de vous en débarrasser en l’éjectant le plus loin possible, le lancer de téléphone portable est un championnat très populaire ici! Oubliez si vous ne dépassez pas les 95 mètres, record mondial jusqu’à présent. Peur du ridicule? Participez donc au championnat du monde de guitare imaginaire qui vaut le coup d’œil! Selon l’idéologie pacifiste de ce type de compétition, on ne peut pas faire de bêtise quand on joue de la guitare virtuelle! C’est vrai ca, tout comme on ne fait pas d’erreur quand on fait semblant de travailler! et surtout on casse les oreilles à personnes! L’objectif reste de se montrer le plus convaincant possible dans sa prestation.
 

Si votre moitié qui pèse au moins 49 kilos vous reproche de ne pas passer assez de temps en sa compagnie suggérez-lui donc de vous essayer au championnat du monde de porter d’épouse. Le parcours de 235 mètres semé d’obstacles avec votre épouse sur le dos vous paraîtra tout à coup vraiment long… surtout si elle a abusé des Kinder la veille (et vous des petits pois)! Tout ca parce qu’un célibataire natif du village serait allé voler une femme dans le village voisin et l’aurait ramené sur son dos… (http://www.sonkajarvi.fi/?deptid=15136 ) S’il vous reste un peu de souffle vous pouvez enchainer sur un championnat d’embrassade avec votre cher et tendre. Attention le record est de 31 heures sans s’asseoir, sans s’endormir et sans se détacher pour une pause pipi! Si vous êtes célibataire et que vous n’avez que votre tondeuse pour meilleure amie, vous pouvez toujours vous consoler avec elle en vous lançant dans l’aventure d’un championnat du monde de tondage de gazon…
 

Les Finlandais trouvent le football traditionnel un peu facile, pour compliquer le principe on organise le championnat de football dans le marais et sur neige poudreuse. Je présume que les équipes sont sponsorisées par des marques de lessive, c’est leurs femmes qui doivent être contentes! Pour calmer vos ardeurs, vous pouvez participer au championnat de Finlande de cueillage de baies sauvages…ben oui je sais ca aurait pu être celui des champignons ou le championnat de ramassage de crottes d’élan mais c’est celui de baies!
Toutes ces compétitions ont une particularité: elles ne demandent pas d’efforts intellectuels surhumains et même pas un esprit d’équipe particulier. Quand j’vous dis qu’ils sont fous ces Finlandais…vous me croyez maintenant? A quand le championnat de pêche dans la glace à poil? le championnat de lavage de tapis avec les dents? le rodéo de renne habillé en Lordi?…
 

Plus d’infos sur les festivals et compétitions hors du commun:

http://europetravelnews.com/2006_04/760_finland-summer-festivals/

A la découverte d’une activité ingénieuse

Vendredi 13 octobre 2006

A la découverte d'une activité ingénieuse dans voyage IS443-009

A lire mes articles persifleurs vous me croyiez sarcastique, narquoise et taquine, aujourd’hui Secrète Finlande s’est levée d’un bon pied et a enfin décider de partager la loge de ses coulisses. Oui j’avoue…la Finlande a des aspects positifs aussi dont je ne parle pas souvent…
Quelque soit la saison en Finlande, une scène étrange (une de plus) se produit sur le bord des routes en ville, à la campagne ou dans les nombreux sentiers forestiers…clic,clic,clic,clic,clic…Des Finlandais se déhanchent bizarrement à une vive allure et semblent faire du ski alors qu’il n’y a pas nécessairement de neige.
 

L’équipement de base nécessaire à la pratique de ce sport populaire qui reste aux yeux des étrangers une activité plein air étrange se résume à 2 bâtons. On l’appelle en finnois « sauvakävely », la Marche Nordique ou Nordic Walking bien qu’on la soupçonne de provenir véritablement des Etats-Unis.
Quand je m’amusais petite à jouer les bergers dans la montagne en marchant avec des bâtons pour m’aider à grimper les hauteurs j’étais loin de me douter que la Finlande en avait déjà fait un sport national. Destinée à l’origine à parfaire la préparation des skieurs de fond pendant l’été, elle s’est rapidement démocratisée au point de devenir une discipline à part entière.
 

La Marche Nordique consiste essentiellement à marcher avec un bâton dans chaque main à un rythme pressé. Des études médicales ont démontré que cette activité est un exercice efficace pour développer sa forme cardio-vasculaire et permet à toutes les parties du corps de travailler. En accentuant le mouvement naturel des bras pendant la marche et en propulsant son corps vers l’avant avec les bâtons il est possible de perdre jusqu’à 40 % de plus de calories qu’avec la marche traditionnelle. (30 minutes de marche nordique = 50 minutes de marche traditionnelle)
 

Ici,  les terrains se prêtent parfaitement à ce sport tout comme le vélo et le roller, d’ailleurs le simple fait de pouvoir pratiquer ces sports avec aisance et avec son animal de compagnie m’a complètement bluffé. La Finlande adopte une attitude très ouverte, très enthousiaste à la pratique d’activités sportives et rien ici n’est ridicule surtout quand l’objectif est d’améliorer sa santé. La Finlande m’a très naturellement donné envie de m’essayer à toutes ces activités et après 8 heures passées assise devant un écran d’ordinateur à m’étirer le dos, les jambes et les poignets, j’éprouve un grand plaisir à camper le mp3 dans les oreilles, à attacher toutou à ma ceinture et à partir en compagnie de mes bâtons pour des aventures plus champêtres…
 

J’avoue…la Marche Nordique est un moyen idéal de se changer les idées et de se donner bonne conscience alors qu’importe si le loisir provient de l’oncle Sam ou du pays du père-Noël, bravo à la Finlande pour nous procurer un sport qui n’épuise pas notre porte monnaie et qu’on peut pratiquer quand on veut où l’on veut avec qui on veut!

Varpajaiset: une beuverie de plus…

Lundi 9 octobre 2006

 Varpajaiset: une beuverie de plus... dans voyage PAA091000038

En Finlande les hommes ont pour coutume de célébrer l’arrivée d’un enfant entre mâles. On invite les amis pour un sauna, un bon resto et une bonne beuverie. La fête s’appelle « Varpajaiset » ou en Français « les doigts- de- pieds ». D’abord j’ai pensé à une allégorie pour désigner l’arrivée de nouveaux orteils dans la famille mais en me renseignant un peu je me suis aperçue que la coutume dit que si l’on n’organise pas cette fête à la naissance du bébé, celui-ci n’aura pas d’orteils ou encore que le pire est passé quand les orteils ont fait leur apparition!
 

Les amis offrent en général au nouveau papa des jouets, de l’alcool, à manger ou de la layette et j’ai du mal à comprendre pourquoi on en fait de nos jours une coutume phallocrate qui consiste à s’imbiber de 2 grammes d’alcool dans le sang parce qu’on vient d’être père. Selon la tradition Finlandaise le nouveau papa sort faire la fête avec ses potes toute la nuit pendant que la nouvelle maman, assise sur sa bouée entre les 4 murs de sa chambre de maternité, endure les souffrances et la fatigue des longues heures qu’ont duré l’accouchement. L’alcool, la cigarette, les voyages prolongés, l’aventure et les petites gourmandises lui ont été défendu les 9 mois qui ont précédé ce « jour merveilleux » et en récompense on lui colle dans les bras un gamin brailleur qui ne sent pas la violette et qui n’a pas de manuel d’utilisation.
 

A bout de force, complexée par cet excès de peau qui pendouille tout à coup devant elle, la nouvelle maman n’a pour réconfort que l’espoir de ne pas devoir nettoyer la cuvette des toilettes pleine de vomi ou un tapis aux effluves suspecte à son retour au cocon. C’est pourtant bien dans ces moments là qu’elle oserait bien un p’tit cigare havanais et qu’elle siroterait bien une collation exotique corsée pour enfin comprendre son nouveau rôle, ses nouvelles responsabilités. Le papa n’a fait que planter la graine, c’est pourtant la maman qui l’a fait pousser, lui a donné des substances nutritives et qui l’a bercé à la température ambiante de son intérieur. Pourquoi c’est celui qui a le moins souffert dans l’histoire qui profite de toutes les réjouissances et festivités de l’évènement?????
 

Le plus frustrant de tout c’est que ces amis qui viennent boire au goulot toutes les liqueurs du mini-bar et célébrer l’occasion avec le papa ne prennent pas le temps de demander si il s’agit d’une fille ou d’un garçon, si le bébé est en bonne santé ou s’il a 3 oreilles et miaule!…Après quelques heures de bringue, ni les potes ni le jeune papa ne se rappellent de l’objectif de la fête!
Comment ces mômans Finlandaises qui sont pourtant très féministes et qui se battent pour défendre leur statut depuis des générations font-elles pour comprendre et accepter cette coutume qui les oblige à fêter ce moment de bonheur modestement avec leur progéniture? Moi qui pensais qu’elles avaient droit à une Baby Shower d’enfer à leur retour, ce n’était qu’illusion!
 

Les femmes ne sont pas de « potentielles porteuses d’enfant », un bébé c’est le fruit de 2 personnes. C’est tout de même incroyable qu’on trouve une place de président à une femme mais qu’on n’arrive pas à trouver une petite place pour la maman pleine de mérites et supposée être la reine de l’évènement, dans ces festivités et où visiblement on ne partage pas sa fiasque avec le sexe opposé!

Mais où ais-je donc mis ma langue?

Lundi 2 octobre 2006

Mais où ais-je donc mis ma langue? dans voyage jl_011806_13

Encore à la veille de mon départ, je me « cassais » au lieu de partir, je « captais  » au lieu de comprendre, j’étais « à la bourre » ou je « crevais la dalle ».
Il me suffisait de terminer mes phrases par un dynamique « c’est mortel » ou d’un convainquant « trop d’la balle » et je faisais partie du clan, je parlais alors à la mode de chez nous!
Au retour au pays après de nombreuses années mes expressions ont pris des rides, mes termes ont moisis et mes locutions sentent le vieux grenier. Je n’ai pas mis à jour mon glossaire d’expressions en vogue,  je réponds encore « ca baigne » quand on me demande si ca va, j’utilise encore « craignos » sous un éclat de rire général.
 

On m’a pourtant convaincue qu’apprendre la langue du pays enrichirait ma vie culturelle, m’assurerait une meilleure intégration et m’ouvrirait des portes professionnellement. Le petit détail qu’on a oublié de me signaler, c’est que ma langue fout le camp!
Sans m’en rendre compte, je mets ma grammaire et mon orthographe en péril. Mon habileté linguistique s’affaibli, le dico devient un accessoire indispensable, je me suis creusé les méninges pour manifester un vocabulaire distingué mais le moment redouté a finit par arriver.
Ce fameux moment où j’ai commencé à inventer des mots et à être persuadée de leur existence, ce moment où j’ai commencé à interrompre mes conversations en plein milieu parce que je ne trouve pas mon terme et que ca me frustre. Ce moment où je dois changer un mot parce que je ne me rappelle plus comment il s’écrit où comment il se conjugue. Je suis trop imprégnée d’autres langues qui dominent dans mon esprit et j’ai l’impression de perdre un peu chaque jour un peu plus de mon identité culturelle.
 

Ma langue maternelle inévitablement perd de ses fonctions, elle est chaque jour grignotée davantage par la langue du travail, la langue des loisirs, la langue de l’information et de la communication. J’ai l’impression de l’avoir abandonné vulgairement au profit d’une langue plus rentable sur le territoire mais moins parlée dans le monde, plus utile dans mon quotidien mais beaucoup moins lorsque je voyage.
Un mot en plus appris dans la langue du pays d’accueil équivaut bien souvent à un de moins dans ma langue maternelle comme si ma mémoire m’imposait de choisir.
 

J’suis complètement larguée et je ne comprends pas la p’tite blague du jour qu’on fait en référence à la dernière pub de téléphone ou le débat qui se lance au sujet du dernier épisode de l’Ile de la Tentation. J’suis pas au courant de la nouvelle loi qui vient de sortir sur les contrats de travail, des expressions « j’te kiffe grave » et « j’hallucine sévère », je ne connais pas l’insulte tendance ou ces petites mélodies que les jeunes fredonnent.  Je ne sais pas qui est leur nouvelle idole et ce qui fait fureur sur les radios Françaises, il me faut du temps avant de me faire à tout ce changement, avant de comprendre d’où ca vient. Et si moi tout à coup je lançais un « Elämä on! » a mes compatriotes quand ils se plaignent de leurs bobos, on penserait que j’ai oublié ma petite pilule bleue ou que je cultive des herbes douteuses dans mon pâturage.
 

Se mettre à la page quotidiennement grâce aux médias certes nous informe mais ils ne nous permettent  pas forcément de comprendre un contexte humoristique ou même les commérages des amis.